Punta Arenas, sur les traces de Magellan

Il est temps de quitter l’Argentine et de prendre la route pour le Chili, second pays de notre périple. Nous resterons en Patagonie et profiterons encore un peu de sa beauté si brute et sauvage. Destination Punta Arenas et le détroit de Magellan!

Pour rejoindre Punta Arenas depuis Ushuaia, réveil aux aurores, il est 2h du matin, nous déambulons sacs sur le dos en direction de la gare routière pour prendre le bus. Étonnamment, la ville n’est pas endormie, il y a même 2 jeunes jouant au football qui semblaient insensibles aux 4 degrés. Drôle d’idée vue d’ici…

Assis confortablement dans notre bus (semi cama de la compagnie Taqsa Marga), nous quittons la ville. Les filles s’endorment, le calme règne…

8h du matin, passage à la frontière de San Sebastian. Nous avions bien fait attention de n’emporter ni fruits ni légumes suivant les consignes du passage de la frontière chilienne qui a la réputation d’être assez stricte. Linda a donc rempli les sacs de biscuits et de crackers pour les deux blondinettes affamées ! Les douaniers argentins et chiliens ont été très agréables, et le fait d’avoir les enfants rend les choses encore plus simples, on nous propose toujours de passer devant…ce qui me met presque mal à l’aise.

Petite précision logistique, qui pourra intéresser les futurs voyageurs, le roaming free n’étant pas disponible au Chili, nous avons pris une eSIM avec GoMoworld qui fonctionne parfaitement pour un budget très raisonnable (26,99 euros pour 30 jours avec 15Go).

Bienvenue au Chili ! Nous traversons un nouveau paysage de steppe pendant plusieurs heures avec une surprise…des guanacos, beaucoup de guanacos, trop pour les compter avec Adèle 🙂 Moutons, vaches, chevaux semblent être les seuls habitants de ces lieux désertiques.

Nous montons sur un bateau pour traverser le détroit de Magellan vers 11h30. Ce lieu historique, nous le connaissons bien au travers des récits de Zweig et des dessins animés. Quel pied d’être là ! Snack et café nous sont offerts par les conducteurs, le luxe. Quelques parties de Uno pour occuper les filles, un peu de rêverie et nous arrivons vers 14h à Punta Arenas (la pointe de sable).

Nous avons pris nos quartiers dans une petite maison aux couleurs vives dans laquelle la température avoisine les 10°. Bâtiment des années 20 qui fait partie de l’hôpital et, nonobstant sa reconversion en Airbnb, il conserve encore les panneaux des issues de secours, les boîtiers de gels hydroalcoolique… Rapidement nous allumons les vieux radiateurs au gaz qui ressemblent plutôt à des objets de collection que l’on pourrait trouver dans une brocante.
C’est roots mais les filles s’approprient rapidement leur place, heureuses de pouvoir se défouler après ce long trajet en bus.

En attendant que les pièces chauffent, nous sortons découvrir la ville. Promenade dans le centre ville très animé, les locaux sont très peu couverts contrairement à nous…2 degrés, du vent qui vous glacerait un pingouin et pourtant… les écolières n’ont pas de collant, les gars sont en t-shirts, les mamans ont juste un pull 😳

Le centre ville est assez petit, des boutiques en tout genre, assez similaire à une ville européenne finalement, les pickups en plus. Hommage perpétuel à Magellan qui apparait sur des statues, nom de rues, mais aussi Universités, magasins etc..

Pendant notre promenade nous sommes surpris par la présence de maison de style Paquebot, une variante de l’art déco qui s’est développée surtout en Amérique, et de maisons en style traditionnel magellanique. On se demande combien il peut y faire froid dedans car les murs sont en tôle. En tout cas la présence de ces styles différents rend la ville plus intéressante.

1er mai, fête du travail oblige, la ville est relativement calme, le matin du moins. On défoule les deux petits monstres au parc des dinosaures et on casse notre tirelire de nomades pour déjeuner chez Lomito’s, une adresse parfaite recommandée par le routard pour découvrir les sandwichs traditionnels et hotdog chilien à un prix raisonnable.

2 mai, on se rend à pied au musée Nao Victoria (situé à 7km du centre ville) où ils ont reconstruit à l’échelle le bateau de Magellan, le premier à avoir fait le tour du monde, non sans péripéties…Sur plus de 250 marins répartis sur 5 bateaux qui ont quitté le port de Séville en 1519, seuls 18 rentreront au port en Espagne…On imagine très bien la rude vie à bord de ces monuments de bois…

Bateau de Magellan

Il y a aussi d’autres bateaux à visiter (le HMS Beagle dans lequel Darwin a fait une expedition, le yelcho dont l’histoire est liée aux premières expéditions en antarctique et un vieux bateau de guerre d’époque).

Le musée vaut vraiment le détour (11000 pesos / Adulte, 5000 pour les enfants de plus de 4 ans) il y a même un petit parc pour les enfants, des lapins, vue sur le détroit…Nous repartons ravis de cette visite et terminons la journée en passant par le cimetière réputé pour ses mausolées et ses allées de cyprès. C’est ici que nous constatons ce que nous avions lu dans le guide: la ville a été le théâtre d’une forte immigration croate à la fin du 19ème siècle (pour travailleurs dans les mines d’or et les élevages de moutons). Du coup,  50% de sa population a des origines croates.

Dimanche 3 mai

La maison est un frigo et moyennement propre, la pluie a fait son apparition en plus du vent, la ville a changé d’ambiance, pas une âme dehors. Nous avons hâte de remonter le pays pour trouver un peu de chaleur. En attendant notre vol du soir, nous faisons une pause gourmande au « Wake up café », lieu convivial où l’on peut déguster de bons cheesecake.

Nous quittons Punta Arenas en pensant à Magellan et à son incroyable voyage.

Il est minuit, notre avion décolle vers Santiago,

Au revoir la Patagonie, terre intense qui nous laissera très certainement des souvenirs pour de nombreuses années.

 

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