3 jours de trek dans le canyon de colca

Notre aventure se poursuit au Pérou !

Depuis Arequipa, nous aurions pu louer une voiture jusqu’à Chivay ou Cabanaconde et simplement admirer les points de vue sur le canyon de Colca depuis les différents miradors au bord de la route. Nous aurions pu aussi faire appel aux services d’un guide. Mais nous, on préfère l’autonomie, avancer à notre propre rythme… et l’idée de descendre tout au fond du canyon pour randonner pendant trois jours était bien plus alléchante !

Nous rejoignons Cabanaconde en bus avec des passages en altitude qui frôlent les 4900m. On est tous bien acclimatés maintenant et tout se passe bien, on peut profiter sereinement des paysages Andins et ses Alpagas, Vigognes, Lamas…

Le canyon de Colca est l’un des plus profonds du monde. Avec une profondeur maximale d’environ 3 400 mètres, il est deux fois plus profond que le célèbre Grand Canyon américain.

D’abord, nous posons nos valises pour une nuit au lodge Palmeras Paradise de Cabanaconde, un petit village de montagne très paisible situé à 3 287 m d’altitude et entouré de sommets majestueux. Le lodge est super, doté d’un patio que les filles transforment rapidement en terrain de jeu. Les propriétaires sont d’une immense générosité et leur petit-déjeuner servi sur le rooftop est tout simplement gargantuesque : avocats, pain frais, beurre, confiture, bananitas au chocolat, thé, café et jus de fruits frais. De quoi faire le plein d’énergie avant d’attaquer les choses sérieuses !

Nous laissons nos gros sacs à dos au lodge pour basculer en mode ultra-léger.
Notre paquetage minimaliste pour 3 jours :
2 t-shirts et 1 pantalon chacun, 1 polaire, des maillots de bain, de l’eau et des crackers, des bananes et patates séchées (et quelques bananes fraîches qui, malheureusement, ne mûriront jamais…).
C’est parti pour 3 jours de randonnée dans un décor de cartes postales : terrasses agricoles ancestrales, sommets enneigés, petits villages traditionnels accrochés à flanc de montagne, et tout en bas, le serpentant Río Colca.

Jour 1 : Cabanaconde (3 287 m) – Sangalle (2 100 m)
4 h 33 de marche | 6,71 km | Dénivelé : -1 200 m
Cette première étape s’annonce vertigineuse. Nous entamons une plongée de 1 200 m de dénivelé négatif pour atteindre le fond du canyon. Tout au long de la descente, nous apercevons tout en bas l’oasis de Sangalle. Ses lodges et ses piscines nous font littéralement rêver depuis les hauteurs.

Partis vers 8 h 30, nous descendons sous un soleil de plomb. Les courants d’air chaud nous cuisent à petit feu. Linda porte vaillamment le sac qui contient notre strict minimum. De mon côté, je prends Amelia sur le dos dans le porte-bébé, tandis qu’Adèle marche à nos côtés ou plutôt, joue au kangourou en sautant d’une pierre à l’autre !

Les heures défilent et nous croisons peu de monde. Il faut dire que la majorité des randonneurs font le trek dans le sens inverse. Les filles sont incroyables et s’impatientent à l’idée de piquer une tête. Amelia grignote sans s’arrêter et Adèle gère la descente technique comme une cheffe (merci les sessions d’entraînement sur les rochers de Fontainebleau !).
Un pas après l’autre, une pause après l’autre, nous arrivons – bien fatigués tout de même – au Tropical Lodge de Sangalle. La chambre est sommaire, la douche est fraîche (comme toujours depuis notre arrivée au Pérou), mais pour une nuit, c’est parfait. L’espace commun pour manger est très agréable et nous sautons enfin dans la piscine ! Les filles sont aux anges et nous passons l’après-midi à nous détendre dans ce décor, ma foi, fort sympathique.

À 2 300 m d’altitude, la température reste douce. Le ravitaillement des lodges se fait ici à dos d’âne : voir le papier toilette et les bières portés par nos amis aux grandes oreilles nous rappelle que ce lieu est une petite bulle artificielle créée pour les randonneurs.
À 19 h, place au dîner sur la terrasse en compagnie d’autres voyageurs. Au menu : la traditionnelle soupe locale (que l’on digère plus ou moins bien) et un plat de poulet aux nouilles. Bercés par le bruit de la cascade environnante, nous passons une excellente nuit.

Jour 2 : Sangalle (2 100 m) – San Juan de Chuccho (2 200 m)
5 h de marche | 8,46 km | Dénivelé : +400 m
Réveil en douceur à 7 h avec un méga pancake absolument délicieux. Décidément, on prend vite goût à ces petits-déjeuners de rois !

Départ à 8 h 30. C’est un peu tard, mais l’étape du jour est annoncée comme plus tranquille. Nous avalons une première montée de 400 m de dénivelé positif avant de traverser des villages suspendus où règne un silence absolu. À Malata, un papi tout souriant nous demande de le prendre en photo avec Adèle. Un kilomètre plus loin, à Cosnirihua, nous basculons de l’autre côté du canyon. De là, nous pouvons admirer l’impressionnante paroi verticale qu’il nous faudra remonter le lendemain… On croise un couple de vieux paysans et leurs ânes. Quelle force d’âme !

Nos petites aventurières sont toujours au top de leur forme. Les kilomètres défilent et leur énergie nous impressionne. Après 4 h 40 de marche, nous atteignons le village de San Juan de Chuccho, qui abrite une minuscule école comptant seulement 3 élèves…
Notre hébergement, la Posada Gloria, est rustique mais nous avons le luxe d’avoir deux chambres pour nous. À notre arrivée à 13 h, c’est l’effervescence : les propriétaires s’affairent à servir les groupes de randonneurs qui font leur halte-déjeuner ici avant de descendre vers Sangalle.
Pour nous, ce sera soupe et le grand classique : poulet, frites, riz et avocat. Nous passons l’après-midi en mode chill sur la pelouse du lodge. Les filles font leur show en ramassant des citrons et des avocats (à ce rythme, elles ouvriront bientôt une épicerie !). Les autres voyageurs nous regardent avec de grands yeux et nous demandent comment nous avons fait pour amener des enfants si jeunes au fond du canyon…

Jour 3 : San Juan de Chuccho – Cabanaconde
6 h 30 de marche | 12,66 km | Dénivelé : +1 100 m
C’est l’étape que Linda redoutait le plus : 1 100 m de dénivelé positif d’un coup pour remonter tout là-haut et rentrer à la maison. Pour mettre toutes les chances de notre côté, le réveil est calé à 5 h 15 afin de grimper à la fraîche.

La nuit n’a pourtant pas été de tout repos. Un oiseau ? Un mammifère ? Un esprit ? Quelque chose avait décidé de rompre le calme de la nuit en poussant des cris indescriptibles à plusieurs reprises. Dans le noir, j’imaginais déjà un rite de sacrifice mystique… Autant dire que j’ai dormi d’un seul œil !

Malgré les petits yeux, à 5 h 15, la troupe est debout. Amelia n’aime pas particulièrement les réveils matinaux (et personne n’a envie de croiser Amelia de mauvaise humeur !), alors on la chouchoute au maximum. Après un dernier repas copieux partagé avec une voyageuse néerlandaise, nous nous élançons à 6 h 30.

Le début de l’étape est idéal pour se mettre en jambes. Linda a dû abuser des feuilles de coca ce matin, car elle imprime un rythme d’enfer, un peu trop rapide à mon goût et à celui d’Adèle ! Une brève descente nous mène au pont qui enjambe le río. Nous y croisons un papi local qui remonte. Il a du partir au milieu de la nuit pour être ici à cette heure, sachant qu’il faut environ 3 heures de marche pour faire la route inverse.

Nous attaquons l’ascension finale avec prudence. Le sentier est moins rocailleux que celui du premier jour. Le soleil commence à illuminer les sommets, mais nous restons à l’abri de l’ombre pour le moment. Pour occuper d’Adèle pendant l’effort, on révise les mathématiques et on énumère les Alphas et les Bêtas. Soudain, en levant les yeux, nous apercevons les condors qui effectuent leurs majestueux vols matinaux juste au-dessus de nous.

Nous atteignons le mirador San Miguel et sa vue époustouflante vers 12h et arrivons à Cabanaconde 30mn plus tard ravis de boucler cette randonnée en famille qui nous en a mis plein les yeux (et les jambes !).

Pour clore en beauté notre aventure dans la région, nous grimpons le lendemain dans un bus en direction de Chivay pour aller nous détendre aux sources thermales de La Calera.
Les bains sont parfaitement intégrés dans le paysage spectaculaire de la vallée. Après ces trois jours de marche intense, plonger dans ces eaux chaudes est un pur bonheur. Les filles adorent. Une transition parfaite avant notre prochaine étape péruvienne !

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