3 jours dans le Salar de Uyuni

Voir Uyuni était dans notre liste des choses à faire absolument pendant le voyage. Si Antho avait mis dans sa « to-do list » Ushuaia, San Pedro de Atacama et le Machu Picchu, Linda avait mis ce grand désert de sel. Et là, après avoir changé de route plusieurs fois à cause des manifestations en Bolivie, c’est finalement l’heure de cocher aussi cette case.

Nous quittons La Paz à 20h sur un bus de nuit, seul choix pour arriver au Salar. Dès le départ, on se rend compte qu’il ne dispose pas de chauffage, il n’y a que des couettes pour se chauffer. Ça caille ! Notre thermomètre affiche 6-7 degrés. Heureusement, on avait anticipé la possibilité d’une nuit gelée en montant avec des vêtements chauds, mais honnêtement, ni les couettes ni les vêtements n’ont suffi. Nous sommes arrivés à 7h après une nuit presque blanche, sauf Amelia qui dort dans n’importe quelles conditions.

Affamés, nous rentrons dans le seul bar ouvert, et nous avons les larmes aux yeux en voyant un chauffage allumé. Le ventre rempli, nous allons à l’agence Flamingo Travels que nous avons contactée pour visiter le salar. À notre arrivée, nous découvrons que les 2 autres personnes qui devaient rejoindre le tour ont posé un faux bond ; nous passerons donc ces 3 jours seulement avec le chauffeur. Un tour privé au coût d’un tour en groupe, top !

Rimber, notre chauffeur, a chargé tout l’équipement et part en direction du cimetière des trains. Il nous explique que la nuit, les véhicules se font démonter illégalement pour récupérer du fer, et que parmi eux se trouve le train volé par les bandits Butch Cassidy et le Kid. Le lieu est sympa mais sans plus, et honnêtement, nous sommes trop excités à l’idée d’aller dans le salar.

 

Heureusement, l’étape suivante est le salar lui-même. On commence à rouler sur le sel et à en mesurer les proportions. Il y a d’énormes sommets à presque 6000 mètres qui l’entourent, et même des îles. Dès que l’on descend du véhicule, les filles commencent à creuser le sel, lequel ne se laisse pas facilement travailler tellement il est dur. Le soleil cogne fort et réverbère sur cette surface blanche, on ressent aussitôt le besoin de mettre nos lunettes.

On mange à côté du monument du Uyuni Dakar, une course qui n’a eu lieu qu’une fois et qui apparemment ne se reproduira plus car elle pollue trop le salar. Le déj est délicieux, il y a plein de légumes. Notre guide d’ailleurs s’étonne que l’on ne mange de la viande qu’une fois tous les 10 jours ; pour eux, c’est tous les jours.

Après le déj, on s’arrête au milieu du désert. Les guides prévoient dans le pack une série de photos kitchs avec des dinosaures, etc. On joue le jeu même si on est assez mal à l’aise. On s’imaginait boire un bon api au milieu du salar, et on se trouve à faire un shooting ridicule… dommage.

Le chauffeur nous fait remonter et c’est le moment de voir l’île d’Incahuasi. Il y a 8 îles dans le salar, seulement 3 sont visitables, et celle-ci est celle où poussent le plus de cactus. On parle de spécimens de 3 mètres de haut, qui dominent le paysage comme des menhirs. Ils sont élégants et imposants. Nous sommes surpris par la majesté de ce lieu.

Nous sommes parmi les premiers à visiter le salar depuis la réouverture de la Bolivie, on ne compte que 6-7 autres jeeps. Dans les périodes plus touristiques, ici, c’est bien plus fréquenté.

On repart et, après une pause pour admirer le coucher de soleil, nous allons vers l’hôtel de sel dans lequel on dînera et dormira. La route est longue, les filles s’endorment dans la voiture. À 19h, nous découvrons notre demeure ; nous sommes seuls à cause du manque de tourisme. Il fera froid dans la chambre, 7 degrés, et malgré les sacs de couchage et les 2-3 couettes en laine, on aura frais. La nuit ici, les températures descendent à -15.

Au réveil, ça caille. On dégomme rapidement notre petit-déj au froid et nous partons. La jeep est bien plus chaude que l’hostal, et le soleil nous réchauffera. Le jour, en fait, c’est plutôt agréable d’être sur le salar ; le problème, c’est la nuit et le manque de chauffage (chose commune dans tout le pays).

Rimber nous annonce une journée marathon :

  • Salar de Chiguana

  • Mirador du volcan Ollagüe

  • Lagunes altiplaniques (Laguna Hedionda)

  • L’Arbre de pierre (Árbol de Piedra)

  • Laguna Colorada

  • Geysers

La journée a été intense, nous avons vu tellement de belles choses, et nous avons eu 3 coups de cœur. Le premier a été la Laguna Hedionda où nous avons rencontré des centaines de flamants roses. Même si nous en avons vu plusieurs fois dans ce voyage, ici c’était un spectacle incroyable, car ils étaient vraiment nombreux et parce que nous avons pu nous rapprocher pour les observer. Les filles ont adoré voir la scène d’un papa flamant nourrir son petit.

Notre autre coup de cœur a été la Laguna Colorada. Malgré un vent glacial, nous sommes descendus de la voiture (les filles n’ont pas eu le courage) pour observer cette lagune rouge (due aux algues qui ensuite colorent les flamants) et blanche (due au borax). C’était un paysage de fin du monde.

Le dernier coup de cœur a été pour les geysers et les fumerolles. La nuit commençait à tomber et le contraste entre les 0 degrés du dehors et la chaleur de la vapeur créait une atmosphère spéciale. J’avoue que l’on n’a pas résisté plus de 10 min hors du véhicule, mais c’était super !

Encore 1h de voiture et nous sommes arrivés à la dernière lagune où se trouvent aussi les sources thermales. Ici, nous sommes aux confins du Chili. Ça fait bizarre sachant qu’il y a 6 semaines, on était juste au-delà de ces montagnes qui font une frontière naturelle entre les 2 pays. Au mot « thermes », les filles lèvent la tête et s’excitent. On décide alors de nous baigner avant le dîner. L’endroit est très rustique, juste une piscine naturelle face à la lagune, et on kiffe trop cette chaleur. Elle nous aidera à mieux supporter le froid de la nuit 🙂

Réveil pour le dernier jour. On fait le petit-déj avec vue sur la lagune, le lever du soleil est magnifique. Dans ce type de tour, le dernier jour est plus light en découvertes et on fait beaucoup de route. Aujourd’hui, on s’arrêtera seulement à la Ciudad Perdida, une jolie conformation de rochers sculptés par le vent, et au Canyon de l’Anaconda, qui nous a impressionnés. Dommage de ne pas y avoir passé plus de temps, on aurait aimé descendre dans le canyon.

Nous avons terminé notre balade en fin d’après-midi, la tête remplie de paysages. Les filles étaient pressées de se dégourdir les jambes après 900 km de jeep. Elles ont été super pendant tout le tour, de vraies voyageuses. Pour les récompenser, nous sommes allés au parc d’Uyuni où elles ont trouvé de quoi s’amuser.

On mange des brochettes et on passe une dernière nuit à Uyuni, dans un hostel qu’on peut classer parmi les pires du voyage. Demain, nous partirons pour Potosí, une des villes les plus hautes au monde, perchée à 4100 mètres.

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