Villa de Leyva

Dans ces rues de pierre, le silence n’est pas une absence de bruit : c’est une présence ancienne… Gabriel García Márquez parlait ainsi de la région de Boyacá, où se situe Villa de Leyva, notre deuxième étape en Colombie.

Situé à 4 h de bus de Bogota, nous arrivons en ville en début d’après-midi. On ressent rapidement l’ambiance paisible des lieux. Perchée à 2 140 mètres d’altitude dans le département de Boyacá, Villa de Leyva est un village colonial très bien préservé. Avec ses façades blanches, ses toitures en terre cuite et ses balcons en bois, la vaste Plaza Mayor entièrement pavée et entourée d’arcades invite à s’asseoir dans l’un des cafés… On devine aussi quelques petites cours intérieures qui ont l’air agréables.

Aujourd’hui, c’est jour de mariage, on regardera de l’extérieur l’église Nuestra Señora del Carmen.

Petit couac avec l’adresse de notre auberge, Once Once (mal renseignée sur Booking), qui nous fait marcher un peu plus que prévu avec les sacs à dos, mais nous sommes très bien accueillis par les propriétaires de l’hébergement. Et les filles sont heureuses de pouvoir jouer avec un nouveau copain.

Balade habituelle dans la ville, quelques courses, pause gourmande chez le glacier à Santa Lucía (une très bonne adresse d’ailleurs, où l’on retournera…).

Le lendemain, nous ferons une visite insolite et fascinante à la Casa Terracota, une très grande maison d’environ 500 m² entièrement construite en terre cuite. L’architecte et artiste colombien Octavio Mendoza l’a imaginée et construite de 1999 à 2016, sacré chantier ! Il la résume ainsi : « Casa Terracota est un espace où l’architecture et l’art fusionnent. C’est un projet de vie façonné par la terre et cuit par le feu. »

 

Toute la famille adore. La maison a des formes naturelles, aucun angle droit, des lignes fluides, Adèle veut même y habiter. Il faut dire qu’il y a tout le mobilier, plusieurs espaces de vie complets, une cuisine, des chambres, une salle de bains, des toilettes, une cheminée, une terrasse… On s’y sent vraiment bien. Un endroit parfait pour des parties de cache-cache.

L’argile est sublimée par des vitraux colorés, des mosaïques en céramique et des détails en fer forgé recyclé (chouettes, insectes, motifs marins).

Le super guide, très jovial, Alejandro, nous raconte avec passion l’histoire du lieu.

Les locaux la surnomment d’ailleurs affectueusement « La Casa de los Picapiedra » (La maison des Pierrafeu).

La question qui revient souvent concerne la cuisson de l’argile pour fabriquer une telle maison. L’artiste a en fait créé des structures en bois autour des murs pour façonner des fours et cuire la maison par étapes.

Nous avons adoré cette visite !

Nous enchaînons ensuite avec une autre visite, car l’endroit est aussi réputé pour ses fossiles préhistoriques. Nous allons au Museo El Fósil, qui a été construit autour d’un kronosaure, un fossile de reptile marin de plus de 12 mètres qui fait la fierté de la région. Le reste de la visite se fait rapidement et les explications sont plutôt sommaires (ammonites, restes de reptiles, fossiles de plantes…).

On profite ensuite de la petite place avec la fontaine et de la fête du village, puis on rentre dîner dans la cuisine partagée de notre auberge où Linda nous a préparé de bonnes pâtes aux sardines. Les filles sont super contentes de jouer avec le garçon d’un ami des propriétaires.

27 juillet, Cristo Rey ! On commence la journée par une petite randonnée bien sympathique pour atteindre la statue du Christ surplombant la ville. C’est raide, mais la vue panoramique vaut bien l’effort ! On redescend juste à temps pour prendre une douche rapide avant le départ de 11 h. Les filles profitent encore de l’espace de l’auberge pendant que nous écrivons quelques lignes pour le blog au soleil.

On déjeune à La Tienda de Teresa, une adresse historique recommandée par Le Routard qui sert d’excellentes arepas. Ensuite, c’est parti pour un long voyage en bus pour rejoindre la zone cafetière. En entrée : 4 h 30 de bus pour faire 166 km et rejoindre Bogota (on mangera d’ailleurs très mal au terminal avec une serveuse probablement mal lunée). En plat de résistance : 9 h 15 de bus de nuit (avec une clim à faire peur aux pingouins) pour avaler les 240 km et rejoindre Armenia. Et en dessert : 1 h 12 de bus collectif pour enfin arriver à notre destination, Salento et s’installer en terrasse sur sa magnifique place pour prendre un bon petit déjeuner.

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