Bogota

Bogota, atterrissage le 21 juillet après un vol au-dessus des Andes et de l’Amazonie. Spectaculaire.

D’en haut, la capitale de 8 millions d’habitants semble être nichée dans une vallée au creux des montagnes.

Nous avons eu plusieurs conseils sur les quartiers sûrs où loger et avons pris un Airbnb dans le quartier de La Candelaria, qui est le quartier historique de la ville avec ses ruelles pavées bordées de façades coloniales colorées. On s’installe ici pour 4 jours.

Visite habituelle de la ville, place principale où se côtoie style néoclassique, colonial espagnol, baroque…et aussi ce qui est assez étonnant, aucune végétation.

En se baladant dans la ville, aux abords de la plaza de Bolívar, on comprend rapidement que le café est une véritable institution par ici. De bonnes effluves de café émanent dans les rues et chaque cafeteria met en avant son café traditionnel. On a goûté et adoré. La Colombie produit exclusivement de l’Arabica (variétés comme Castillo, Caturra, Bourbon ou Typica) cultivé en altitude entre 1 200 et 2 100 mètres sur les pentes des Andes. On a d’ailleurs hâte de découvrir la région caféière.

22 juillet, nous partons visiter le musée Botero, situé dans une demeure coloniale aux patios verdoyants. Les œuvres suscitent beaucoup de commentaires et de sourires chez les filles. Il faut dire que les peintures et sculptures dévoilent des personnages et objets aux volumes généreusement exagérés qui prêtent parfois à sourire.

On découvre aussi une impressionnante collection de l’artiste dont des Picasso, Dalí, Monet… L’artiste a fait don de ses œuvres à la Colombie et souhaitait que le musée soit accessible gratuitement à tous. Merci Fernando !

Le musée fait partie d’un grand complexe culturel avec la Casa de la Moneda et le musée d’art contemporain (Museo de Arte Miguel Urrutia) où il y a une superbe exposition temporaire (Juegos de niñxs 1999-2025) de l’artiste Francis Alÿs. On entre dans une salle dans laquelle sont projetées 27 vidéos de jeux d’enfants dans différents coin du monde, du Népal au Congo en passant par la suisse, l’Afghanistan, le Mexique…immersion fascinante dans l’univers merveilleux des enfants.

Pause déjeuner dans le restaurant Antigua Santa Fe à deux pas de la plaza Bolívar, cadre rustique et convivial où l’on déguste la soupe de haricots rouges et la fameuse Bandeja Paisa. Il vaut mieux y aller le ventre vide : on vous sert dans un grand plat du riz blanc, des haricots rouges mijotés au porc, de la viande hachée, du chicharrón (poitrine de porc croustillante), un œuf au plat, une banane plantain frite, de l’avocat et une arepa (galette de maïs). C’est très bon, c’est généreux pour des prix très abordables. La panse bien remplie, on ferait bien une bonne sieste… On pensait que les portions péruviennes étaient déjà solides, mais la concurrence colombienne est bien là !

On poursuit la journée avec un peu de shopping pour les filles, Linda leurs avait promis une robe une fois qu’on serait en Colombie.. après 3 mois de pantalon en laine et polaire elles ont envie de jouer aux princesses 🙂

Au fil de nos balades dans la ville, on se rend compte qu’il est préférable d’éviter certaines rues car il y a beaucoup d’âmes en peine qui y errent parfois. On ne se sent pas particulièrement en insécurité mais bon, il faut dire que le Routard n’est pas très rassurant… Il y a beaucoup d’agents de sécurité privée et de militaires dans le centre-ville, ce qui rend l’atmosphère parfois pesante, et nous éviterons de « nous perdre » dans la ville comme on a pu le faire ailleurs.

Nous visiterons aussi le superbe musée de l’Or et son incroyable collection d’orfèvrerie précolombienne, la plus importante au monde. Au fil des étages, l’exposition retrace le savoir impressionnant des civilisations indigènes (Muiscas, Quimbayas, Taironas…) qui peuplaient le pays bien avant l’arrivée des conquistadors. On joue avec les filles à trouver les « trésors » du musée : d’abord le Radeau Muisca, une délicate figurine en or illustrant le rituel sacré à l’origine du mythe d’El Dorado, puis le Poporo Quimbaya. Ce récipient d’or d’une finesse spectaculaire, façonné il y a plus de 2 000 ans par la civilisation Quimbaya, servait lors de cérémonies religieuses à conserver la chaux destinée à la mastication des feuilles de coca. Au-delà de ses proportions parfaites qui témoignent du génie des orfèvres précolombiens, le Poporo est une véritable icône nationale en Colombie. Et pour cause : c’est son rachat par la Banque de la République en 1939 pour éviter qu’il ne soit fondu qui a marqué le tout premier acte de création du Museo del Oro !

La visite s’achève en beauté dans la salle d’immersion finale où l’on est plongé dans une atmosphère chamanique (qui impressionne beaucoup Amelia) au milieu de milliers d’objets étincelants. Une superbe visite !

Nous marchons ensuite jusqu’au pied du Monserrate, qui est la grande colline de Bogota perchée à plus de 3 100 m. Le téléphérique nous amène tout en haut d’où l’on peut observer toute l’étendue de la ville, impressionnante de densité. Il y a aussi un super café/bistro (Casa Santa Clara) pour déguster de bonnes parts de tartes avec café / chocolat chaud.

Étant curieux et surtout gourmands, on goûtera aussi à tous les stands de rue : riz au lait, obleas, canelazo (cocktail chaud traditionnel préparé à base d’agua de panela, de l’eau infusée avec du jus de canne à sucre non raffiné, généreusement mijoté avec des bâtons de cannelle et de l’aguardiente, la liqueur nationale colombienne aromatisée à l’anis).

Dernière étape culturelle dans la ville, on ira au Musée Fragmentos, Espacio de Arte y Memoria. Plus qu’un simple musée, c’est un « contre-monument » vivant et profondément émouvant dédié à la mémoire des victimes de la guérilla avec les FARC.

Imaginé par l’artiste Doris Salcedo, le sol du musée est recouvert de 1 288 dalles en métal noir qui ont été créées à partir des armes fondues suite aux accords de paix de 2016. Pour créer ces dalles, l’artiste a fait marteler le métal brûlant par des femmes victimes de violences sexuelles durant le conflit armé. On en ressort silencieux…

Côté météo, le ciel bleu du Pérou a laissé place aux nuages et nous avons même le plaisir de nous endormir en écoutant le bruit des gouttes de pluie, et pour un Normand c’est un peu comme être à la maison…

La parenthèse Bogota se termine et nous partons le lendemain en bus pour la magnifique ville coloniale de Villa de Leyva.

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