Lima

Dernière ligne droite de notre périple au Pérou ; nous terminons la découverte de ce pays par sa capitale.
Depuis le début du voyage, nous avons entendu crier « Lima Lima Lima » dans les terminaux de bus et nous avons entendu différents avis sur cette ville. Le jeune Péruvien qui travaillait dans l’hostel de Valparaiso l’avait quittée en disant que c’était une ville trop dangereuse, d’autres nous ont alertés que le trafic est vraiment intense, des amis nous ont dit avoir trouvé un coin de paix à Miraflores.. Bref c’est le moment de nous faire notre propre avis.

Pour ne pas prendre de risques au niveau de la sécurité, nous avons écouté les conseils d’amis et du Routard et nous avons pris un appart à côté de Miraflores. En réalité, à notre arrivée, on s’est rendu compte qu’on avait fait une erreur avec la réservation et que la première nuit, on était homeless. On a donc pris un hôtel last minute et on est tombés sur l’un des meilleurs de Miraflores, avec un prix imbattable, le Naia Hostal. Descendues du taxi, on a été frappées par le quartier : des cafés et restos très sympas, des hôtels, un casino, des supermarchés.. tout a l’air moderne, on prend la carte bancaire partout, les gens se promènent dans la rue le soir.. Cela fait un vrai contraste avec ce qu’on a vécu dans d’autres endroits au Pérou.

Après une nuit de repos au Naia Hostel et un petit-déj gargantuesque, nous partons découvrir la ville. Première étape : le musée Larco. Il se trouve dans un quartier résidentiel au nord, et nous y allons en taxi car il est à 6 km. La ville est très étendue, les points touristiques sont éloignés et pour éviter de marcher dans des quartiers peu recommandés, nous préférons opter pour le taxi, bien qu’on n’aime pas ce type de moyen de transport. Le musée est un bâtiment colonial tout blanc où sont cultivés de magnifiques bougainvilliers de différentes couleurs, des arbres et d’autres plantes grimpantes. Des gens super bien sappés arrivent pour aller au restaurant du musée qui est un vrai bijou. À côté d’eux, on se sent des clochards avec nos fringues usées par 3 mois de voyage hehehe… Mais nous sommes ici pour un moment culturel, pas pour la fashion week, du coup on fonce au guichet du musée.

L’intérieur nous surprend par la qualité du choix d’exposition (lumières et matériaux) mais aussi pour sa collection, des quantités infinies de pots parfaitement conservés avec des formes et dessins les plus variés. La dernière salle au sous-sol est dédiée à l’art érotique, thème que nous n’avions pas eu l’occasion de découvrir jusqu’à présent mais qui était un aspect important pour les cultures des Andes. Enfin, il est possible de visiter le dépôt du musée, un dédale d’armoires où sont stockés (de manière plus ou moins sécurisée en cas de tremblement de terre) des centaines et centaines de pots catalogués par type.

Il est 14 h, les filles sont affamées et nous prenons un taxi pour aller dans le centre historique où nous pourrons manger, voir le match France-Angleterre et visiter la cathédrale. On s’arrête dans un resto fréquenté par les locaux, ils comprennent tout de suite qu’on est Français et rigolent beaucoup en voyant notre team se faire défoncer pendant notre délicieux repas. On décide d’ailleurs de ne pas terminer de regarder la défaite et continuons notre visite. On découvre un centre-ville piéton, avec de beaux bâtiments. Il ne reste rien de colonial, mais tout a été reconstruit avec un style néoclassique pas désagréable.

Au bout de la rue, on entend une fanfare, c’est jour de fête, il y a des danses traditionnelles sur la place principale. On se faufile entre la foule et on arrive à la cathédrale qui donne sur la place (la plus belle place d’une capitale que nous avons vue pendant ce voyage en Amérique latine). Bien que payante (chose commune au Pérou, nonobstant que le bâtiment soit toujours consacré – chose qui rend folle Linda), nous décidons d’entrer. Le bâtiment a été créé par Pizarro, et ses os sont exposés dans sa chapelle en le célébrant. Cela nous surprend un peu puisque c’était un conquistador qui a écrasé la culture du pays, mais nous nous sommes habitués à cet « odi et amo » que les Peruanos ont avec les Espagnols colonisateurs.

À notre sortie sur la place, il fait nuit. Nous savons que nous nous exposons à des ennuis car dès 18 h, il y a moins de police et les villes deviennent moins sûres, d’autant plus que la famille de blonds est une cible facile. Du coup, nous nous dépêchons de trouver un moyen de rentrer, mais comme nous, beaucoup de monde tente de rentrer, les rues sont pleines de gens, il y a la queue pour monter dans des bus bondés et les familles cherchent à attraper un taxi. On dirait la foule des gens à Paris pour le 14 juillet, mais avec plus de bruit. On marche un peu en espérant que quelques rues plus loin, il soit possible d’avoir un Uber, car là où on est, personne ne veut de nous. On commence à voir les premières âmes en peine dans la rue et on décide de nous réfugier dans un magasin de chaussures en attendant un Uber disponible. Après 2 chauffeurs qui nous posent un lapin, un Uber nous prend. Le contraste de cette fin de soirée au centre-ville avec notre arrivée à Miraflores où tout est calme nous frappe beaucoup !

Le jour d’après, c’est le jour de la finale de la Coupe du monde ! Évidemment, tout le pays est pour l’Argentine, c’est la seule team d’Amérique latine. Des supporters se réunissent au parc à partir de 11 h. On décide de nous éloigner et d’aller voir les surfeurs le long de la côte pour trouver du calme. C’est très agréable d’avoir la mer à côté, et il semble que les habitants de Lima en profitent aussi, bien que là où on s’est arrêtés, les courants soient très forts, personne ne se baigne. La journée est grise, phénomène normal à Lima en cette période à cause de l’humidité qui remonte de la mer et qui engloutit la ville, mais on passe quand même quelques heures agréables à empiler les galets et les dessiner avec les filles.
On quitte la plage pour aller voir le match, l’ambiance est calme puisqu’il n’y a pas de buts. Enfin, l’Espagne gagne et aucune célébration n’a lieu. La ville reste silencieuse.

Dernier jour à Lima, aujourd’hui notre objectif est de profiter du quartier de Barranco, réputé pour son ambiance bohème et artistique, ainsi que pour sa plage de sable où on peut se baigner. D’autant plus que le soleil arrive à chasser l’humidité et la grisaille 🙂 Nous y allons à pied puisque le quartier est collé à Miraflores, et se vante d’être également très sûr. Il faut dire que pour permettre cela, ils ont créé un énorme mur qui tient isolé le quartier le plus pauvre de Lima qui se trouve en haut d’une dune pas loin d’ici..

La balade nous permet de rentrer dans des galeries d’art sur la rue. Notre préféré a été l’espace Dédalo, où des céramistes, bijoutiers, ébénistes et designers créent des pièces uniques. Après une pause déj qui nous a coûté un bras et qui nous a laissés sur notre faim (le quartier n’a que des restos bobos avec des prix danois), nous descendons à la plage. Pour y aller, il faut descendre la falaise, de plus en plus érodée et qui présente des villas en danger d’écroulement. Les filles sont excitées à l’idée d’un après-midi les pieds dans l’eau, elles foncent sur le sable et trouvent rapidement des copines. C’est drôle d’être à la plage dans le mois le plus froid du pays hehe

On rentre à l’appartement fatigués par l’air de la mer.

Après 3 jours à Lima, notre opinion n’est pas nette. C’est une énorme ville avec des quartiers très modernes et occidentaux qui contrastent avec d’autres bien plus pauvres. Une ville qui regarde vers la modernité mais qui fatigue à répliquer le modèle de Miraflores partout (d’ailleurs, est-ce que cela serait un bien ?). Elle a en tout cas beaucoup de potentiel grâce à la présence de l’océan qui la rend très agréable, et un centre historique plutôt joli. On espère que les filles pourront la visiter dans 20 ans et nous raconter comment elle a évolué 🙂
Demain, nous quitterons Lima et le Pérou, après 38 jours de séjour, pour aller à Bogota en Colombie. Un nouveau chapitre de notre voyage va commencer 🙂

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