Après notre court séjour à Iquique, nous avons encore fait un trajet de 6 heures de bus pour rejoindre Arica, toujours en traversant le vide désertique du nord chilien.

Nous avons choisi Arica, car c’est l’un des rares endroits de la région qui permet de louer une voiture pour aller visiter le parc naturel de Lauca, situé à 135 km à l’est.
Notre appartement est situé dans une résidence moderne très conviviale dans laquelle tous les enfants peuvent jouer ensemble. À peine arrivés, une petite troupe de jeunes curieux s’empresse de faire notre connaissance pour venir jouer avec les filles. Ils viennent même taper à la porte pour en savoir davantage sur ces blonds qui viennent de débarquer avec leurs gros sacs à dos chez eux 🙂 On rigole bien.
On va aussi pouvoir lancer une machine (la deuxième en un mois) car, alléluia, l’appartement en met une à notre disposition.
Nous partons ensuite dîner dans un fast-food (pizza-burger) juste à côté de la résidence (le seul « resto » ouvert, le centre-ville étant assez loin).
Le 22 mai au matin, on récupère notre voiture de location au petit aéroport désert d’Arica et, un kilomètre plus loin, bim, un petit message indique un problème de pression sur un pneu. Demi-tour, retour au guichet… vide. 10 minutes plus tard, toujours personne… Le gars de chez Sixt avait sûrement une seule location et s’est envolé… Bref, après un mail sans réponse, on décide d’aller gonfler le pneu à la station-service et de prier pour qu’il s’agisse juste d’un problème mineur, voire de capteurs, mais ça sent quand même la crevaison lente à surveiller. Ça tombe bien, on a 135 km pour rejoindre Putre et un programme de visites dans le parc Lauca pour les jours à venir.
Nous rejoignons sans souci notre hostel Chakana, situé au fond de la petite vallée de Putre. Il y a un petit air de paradis ici, on est comme à la maison. Adèle et Amelia peuvent jouer avec les filles des très sympathiques propriétaires, David et Jimena, ainsi qu’avec leurs chats. Elles communiquent avec un mélange d’italien, d’espagnol et de français et s’amusent beaucoup. D’ailleurs, les filles sont plus intéressées par le fait de rentrer à l’hostel que de visiter le parc naturel.

Les lodges sont assez sommaires, mais on ne manque de rien. Un lit pour nous, et les filles partagent un lit (les lodges n’ayant que 2 lits, on avait demandé s’il était possible que les filles en partagent un et les propriétaires avaient gentiment accepté). Certes, ça joue un peu des pieds avant de s’endormir, mais tout finit par rentrer dans l’ordre.
Étant donné le peu de pollution lumineuse, nous prenons également le temps d’observer les constellations avec les filles avant d’aller dormir.

Le 23 mai, en route pour le lac Chungará, l’un des joyaux du parc naturel de Lauca, situé à 4500m d’altitude et à 1 h 30 de voiture sur une route agréable. On y croise d’ailleurs beaucoup de vigognes qui broutent paisiblement et qui nous jettent de temps à autre un bref regard curieux.
Le lac est né il y a environ 8 000 à 17 000 ans. Un effondrement massif du volcan Parinacota a provoqué une avalanche de débris qui a bloqué le cours d’une ancienne rivière, créant ce bassin fermé d’environ 21,5 km². Une balade permet d’apprécier les lieux et les reflets comme un miroir du cône symétrique et enneigé du Parinacota (6 342 m), l’un des deux volcans jumeaux (les Payachatas) qui dominent la région.

On y observe également un flamant rose, des taguas et les paysages des bofedales, qui sont des oasis vertes sur les sommets désertiques de l’Altiplano andin.

Sur le trajet du retour, un petit détour par le village de Parinacota et son église de style baroque andin qui date de 1670, faite de pierre, de boue et de sel, le tout blanchi à la chaux. Sa particularité est sont toit recouvert de paja brava (une paille sauvage rigide des Andes) et de boue et ses belles fresques colorées du XVIIè siècle peinte par des indigènes de l’école de Cuzco. En repartant, on aura aussi la chance de voir des Alpagas. On leur ferait bien un gros câlin tellement ils sont mignons.
Le 24 mai, sur les conseils de David, nous partons randonner afin de voir des peintures rupestres datées d’environ 5 000 ans. Il faut environ 2 heures de descente en s’enfonçant dans la vallée, en suivant un joli chemin en balcon pour rejoindre la paroi et ses peintures. C’est assez émouvant de les voir perdues ici au milieu de nulle part mais, malheureusement, il n’y a pas de protection particulière (le chemin étant privé) et certaines peintures sont abîmées…

Il nous faudra quand même un peu plus de 5 heures de marche pour faire l’aller-retour. Voilà la trace GPX si jamais vous passez dans le coin 😉
https://connect.garmin.com/modern/activity/23026106943
Adèle a marché une fois de plus comme une championne. Sachant qu’à 3 500 m d’altitude, on s’essouffle un peu plus rapidement. Une randonnée assez simple que nous recommandons si vous voulez être tranquille au calme dans la pampa. Sur les 5 heures, nous avons croisé qu’un paysan, un couple de voyageurs et 3 cavaliers sur leurs montures.
Retour au lodge en fin d’après midi, on se prépare une fois de plus à manger dans la cuisine que l’on occupe chaque soir dès 18 heures 😉 Un risotto et au lit !
Retour à Arica et après midi plage à Chinchorro pour le bonheur des filles.
Le retour à l’altitude 0 nous donne un bon bol d’air :). Nous dormons à nouveau dans l’appart de Sue qui nous annonce qu’il vient d’y avoir un gros tremblement de terre et que tout tremblait dans son appartement. Nous n’avons rien senti (sûrement parce que nous étions dans le uber qui roulait comme un dingue…). D’ailleurs, sur toute la côte chilienne, il y a des panneaux de signalisations concernant les tsunamis, le Chili étant situé dans « l’anneau de feu », une zone du bassin de l’océan Pacifique qui est à forte sismicité. En cas d’alerte, il ne faut pas trainer car les vagues peuvent atteindre les côtes en 10-15 minutes!
Et pendant ce temps-là, nous suivons l’actualité en Bolivie, marquée par des manifestations et des blocages de routes. Notre plan initial d’aller à La Paz et de redescendre sur le Salar d’Uyuni a l’air compromis pour le moment (surtout quand on voit des voyageurs bloqués entre 2 barrages sur les routes boliviennes). On discute avec un couple de cyclistes anglais de Glasgow qui vient de traverser la frontière bolivienne par Sajama pour poser leurs bagages dans notre hostel. Ils confirment que tout est compliqué là-bas. Après mûre réflexion, nous allons être prudents et temporiser en allant au Pérou en attendant que ça se calme.


