Puno et le mythique lac Titicaca

Jeudi 4 juin, nouvelle étape à Puno. Le trajet en bus entre Chivay et Puno dure environ 6 heures et nous permet de découvrir davantage l’altiplano andin en passant par le mirador de los Andes (abra Patapampa) à plus de 4 900 m d’altitude, qui offre une vue panoramique sur plusieurs volcans imposants (le Misti, le Chachani, l’Ampato et le Sabancaya). La route traverse également la réserve nationale de Salinas et Aguada Blanca où se trouvent des alpagas, des lamas, des vigognes et aussi les flamants des Andes.

Nous arrivons de nuit à Puno, car ici, en cette période de l’année, le soleil commence à plonger vers 16h et il fait nuit à 17h45.

Perchée à plus de 3 800 mètres d’altitude dans la rudesse majestueuse des Andes péruviennes, Puno est une étape incontournable pour explorer les environs du lac Titicaca (mot qui fait bien rigoler les filles).

Première petite mésaventure puisqu’Amelia a du mal à digérer un repas et le rend copieusement en pleine nuit… Ça va mieux très rapidement et tout le monde peut retourner finir sa nuit.

Vendredi 5 juin, nous arpentons la ville à pied et allons au port du fameux lac Titicaca. Plein de bateaux sont prêts à prendre les touristes. C’est aussi jour de marché, et ici ça ne rigole pas : toutes les rues de notre quartier sont remplies de stands. Les filles craquent pour de vieilles Barbies, tandis que je suis plus attiré par les pop-corn géants et les immenses sacs d’épices et de céréales. C’est très coloré et agréable pour les sens.

La ville est très agréable et le soleil est toujours présent. D’ailleurs, nous n’avons pas eu une seule goutte de pluie depuis que nous avons quitté la Patagonie…

Une pause glace dans un endroit très bon marché, peut-être un peu trop, car malgré les bonnes notes sur Google, on les suspecte d’avoir mis à rude épreuve les intestins de toute la famille, et surtout d’Adèle à qui c’est le tour de tout renvoyer en plein supermarché.

Samedi 6 juin, pour la première fois, nous allons tester le « package touriste » offert par la petite agence située à côté de la maison. Premier jour : excursion l’après-midi pour aller visiter le site de Sillustani. C’est bien rôdé, le minibus nous récupère devant l’hôtel, avec une douzaine d’autres touristes. Pause mirador de 10 min avec vue sur la ville de Puno, suivie d’une halte chez une famille traditionnelle avec ses alpagas et ses lamas, et où l’on goûte le fromage et la patate locaux. C’est bon mais rien d’extraordinaire. Il faut savoir qu’au Pérou, ils ont un amour ancestral de la patate puisqu’ils en cultivent plusieurs centaines de variétés différentes, et ça varie selon les guides : 100, 200, 500 voire plus de 1000 pour les plus audacieux. Quoi qu’il en soit, s’il y a de la patate, Anto est content 😀

On poursuit la route vers le site archéologique de Sillustani où le guide nous raconte l’histoire de cette nécropole pré-inca perchée sur une péninsule spectaculaire à presque 4 000 m d’altitude, au bord du splendide lac Umayo. Ce cimetière abrite les chullpas, de grandes tours cylindriques en pierre dans lesquelles on disposait les momies de la noblesse. La lumière chaude de fin d’après-midi contraste avec le froid saisissant. Une visite que nous recommandons sans hésiter !

Le lendemain, nous embarquons pour 2 jours et 1 nuit sur le lac Titicaca. Petite embarcation d’une vingtaine de touristes venus principalement d’Europe (Espagne, Suisse, Italie, France…) mais aussi du Japon et de tous âges. C’est l’occasion de découvrir d’autres destins et d’autres aventures. Après une petite heure de navigation sur les eaux calmes du lac Titicaca, le bateau nous dépose sur la petite île d’Uros. Notre guide et Ruben (le président de la communauté) nous expliquent la technique pour fabriquer les îles artificielles avec la totora (une sorte de roseau aquatique). Ils assemblent d’abord les blocs de racines denses de la totora, qui flottent naturellement comme du liège, et les recouvrent ensuite de multiples couches croisées de roseaux séchés. Comme la partie immergée pourrit avec le temps, les habitants doivent rajouter régulièrement (toutes les deux à trois semaines) de nouvelles couches fraîches sur le dessus.

Les femmes nous font entrer dans leurs maisons « traditionnelles » (une pièce avec 2 lits posés au sol…) dans lesquelles, soi-disant, elles vivent encore…

C’est intéressant mais on sent un peu le piège à touristes quand on nous demande avec insistance de payer 15 soles pour ensuite traverser avec un petit bateau traditionnel de l’autre côté, afin de se rendre sur une autre île artificielle où il y a 2 ou 3 maisons et un petit bar. Bref, rien n’a l’air authentique ici à part l’eau du lac… À fuir !

Ensuite, après 2 h 30 de navigation, nous arrivons sur l’île d’Amantani où nous allons passer la nuit. Le concept est très simple : les touristes sont répartis dans différentes familles des communautés locales. Il y a même un système de rotation entre les 8 communautés pour qu’il n’y ait pas de jaloux. Cette nuit, nous dormirons chez Carmen, une dame assez âgée qui vit avec son mari, ses 2 filles et son petit-fils dans une maison très rudimentaire. Ils ont l’air assez pauvres, n’ont pas d’eau courante à priori. Ils utilisent des pneus en guise de lavabos pour se laver les cheveux dehors.

Ils cultivent des pommes de terre, ont des cochons d’Inde (c’est un plat local très répandu au Pérou). Carmen nous a préparé un déjeuner plutôt bon à base de soupe et d’un plat de riz, fromage frit, quinoa et pommes de terre, accompagné de Mate de Muña, une tisane traditionnelle des Andes préparée à base des feuilles de la muña qui ressemble un peu à de la menthe poivrée. La maison est très spartane, la cuisine est une petite pièce avec casseroles posés à terre, Linda prie pour ne pas tomber malade. En tout cas les filles adorent, car malgré le minimalisme de la maison, elle est toute colorée et il y a des animaux!

L’après-midi est consacré à une randonnée pour prendre de la hauteur jusqu’aux temples pré-incas de la Pachamama et du Pachatata (4 100 m). Une fois arrivés, nous avons une belle vue panoramique sur le lac. On aperçoit même les sommets boliviens au loin… On croise toujours les doigts pour aller en Bolivie…

Les filles font le rituel en offrant des feuilles de coca au temple, en faisant le tour du site dans le sens antihoraire tout en exprimant leurs vœux. Nous rentrons chez Carmen de nuit et dînons ensemble dans la petite pièce à côté de la cuisine. Les autres membres de la famille ne se joignent pas à nous. Aujourd’hui, c’est le jour du second tour des élections présidentielles au Pérou et ils sont très certainement en train d’écouter les sondages et les résultats (il semble que ce soit très serré)… Les discussions sont assez sommaires et nous n’aurons pas l’occasion de creuser davantage sur leur mode de vie malgré toute notre curiosité. Ce soir, nous n’irons pas aux festivités du village car les filles se sont endormis sur nos genoux pendant le diner.

Il fait assez froid mais tout le monde s’endort rapidement sous un ciel étoilé où l’on peut admirer la Voie lactée.

Carmen nous prépare un petit-déj à base de pain, confiture et café. C’est l’heure des au revoir, un peu plus chaleureux, et nous quittons l’île en bateau pour aller en direction de l’île de Taquile. Plus petite et un peu plus proche de Puno, Taquile est célèbre dans le monde entier pour sa culture unique et son organisation sociale stricte, basée sur le principe du collectivisme. Les traditions textiles de Taquile sont si exceptionnelles qu’elles sont inscrites au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO. La particularité ? Ce sont les hommes qui tricotent, et ce dès leur plus jeune âge, tandis que les femmes filent la laine.

Les bonnets en laine (chullos) tricotés par les hommes ne sont pas de simples vêtements : ils affichent leur statut social. Un bonnet rouge et blanc signifie que l’homme est célibataire ; s’il est entièrement rouge, il est marié.

Nous goûtons enfin à la « Trucha Frita »  (truite frite qui est très bonne) et retournons sur le bateau pour 3 h de navigation et un retour à Puno en fin de journée.

Un super parenthèse sur le lac Titicaca qui laissera de jolis souvenirs à toute la famille.

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