Nous quittons le Chili avec un bus local qui relie Arica et Tacna. Au passage de la frontière, nous avons oublié qu’il est interdit d’emporter des fruits, nous en avons un sac plein ! Impossible pour nous de les jeter, alors on se gave d’une banane et de 6 clémentines pendant que l’officier tamponne nos passeports. Tout le monde rigole.
Arrivés à Tacna, nous montons dans le bus pour Arequipa. Nous arrivons à destination le soir. Le terminus de la gare routière est très actif, il y a du monde partout, dont pas mal de backpackers. On monte dans l’Uber qui doit nous amener à l’appartement et le taxi nous tape la discute. Comme première chose, il nous met en garde sur les dangers de la ville et répète ce qu’un monsieur à la gare de Tacna nous a déjà dit. Souvent nous recevons des alertes de ce type, cela nous rappelle de rester vigilants. Ensuite, il nous liste tous les plats que l’on doit goûter et qui sont « barato » (pas cher). Nous avons vu l’écart des prix avec le Chili déjà à la gare de Tacna où nous avons mangé un menu complet pour 12 sols (3 euros).
Après une bonne nuit de repos, nous partons à la découverte de la ville. Après quelques pas, on se rend compte de sa beauté. Tout est bâti en Sillar, une pierre volcanique blanche, les rues sont pavées, les maisons de style colonial ont de beaux portails sculptés et cachent des cours intérieures fraîches et invitantes. Notre première étape est le Marché San Camilo, où on fait quelques emplettes de fruits exotiques. On observe les vendeurs et leur quotidienneté.

Ensuite, on fait une étape à la Place des Armes, qui nous frappe par sa beauté, avec ses doubles arcades, son jardin central et sa cathédrale.

Le soleil tape fort ici, malgré les 2 400 m d’altitude. On rentre pour faire faire un dodo aux filles, et poser nos courses. En fin d’après-midi, nous allons au monastère de Santa Catalina. Et là, encore une fois, nous sommes surpris par la beauté du lieu. Monastère créé en 1600 par les premiers colons, il était une sorte de repaire spirituel de luxe pour les filles des nobles, qui s’y installaient dans des appartements privés avec servitude et équipement de haut de gamme. Cela a créé une sorte de citadelle avec des ruelles qui connectent les petits appartements, avec un jardin, des cloîtres et des fontaines, tout peint en blanc, rouge ou bleu ciel. On y passe 2 h, de 16 h à 18 h, un horaire top car on profite au début du monastère illuminé par le soleil et le soir de l’atmosphère nocturne. On conseille d’y aller en fin de journée !

Nous terminons la journée avec un plat de salchipapas, le streetfood par excellence ici : frites et knakis coupées. Les filles adorent.
Notre deuxième jour est dédié à la visite de la cathédrale, qui n’ouvre que de 8 h à 10 h du matin et de 17 h à 18 h du soir, et au musée qui conserve la momie de Juanita. La visite dure très peu, 40 min, mais on en sort assez bouleversé. On apprend les rituels de sacrifice des enfants au temps des Incas et on voit la copie du corps parfaitement conservé de Juanita, une petite fille de 12-14 ans sacrifiée sur le haut du volcan Ampato et conservée jusqu’à nos jours par 30 m de neige. Adèle en sort avec plein de questions… Bon, expliquer à des enfants qu’il y a quelques siècles on pouvait les sacrifier pour faire plaisir aux dieux, c’est un peu difficile, mais elle a pu apprendre énormément avec cette visite.
Le ventre est vide après la visite et on rentre dans un resto fréquenté par les locaux, menu à 11 sols avec soupe, plat et la chicha morada. On tombe amoureux de cette boisson à base de jus de maïs noir et d’ananas ! Le ventre rempli, nous aurions pu faire plein d’autres choses, mais nous avons choisi de chiller et de repousser au lendemain le reste des découvertes.
Au troisième jour, nous sommes allés au centre « Monde de l’Alpaga », une fondation créée par le plus gros brand de textile en alpaga du Pérou. On y découvre tout le processus : les alpagas, la laine après la tonte, la filature, le tissage traditionnel. Les filles ont pu les caresser et les nourrir, pendant que nous avons papoté avec d’autres parents français qui sont partis quelques mois en Amérique latine avec des enfants en bas âge. Un peu de conversation et le partage des galères du voyage avec des enfants ont fait du bien à tout le monde. On est d’ailleurs tous coincés au Pérou car le plan de la Bolivie est toujours en standby pour tous.

On quitte le centre et on va au mirador du très sympathique quartier de Yanahuara où l’on goute au Queso Helado (la glace locale), une tuerie !!! On pourrait ne vivre que de ça ! Le quartier est sympa, calme, tout en pierre, il y a plein de picanterías (les restos traditionnels) et au bout de quelques heures de balade, on décide d’en tester une. On y mangera la soupe de crevettes (chupe de camarones) et l’Adobo (plat de viande de porc marinée et cuite longuement dans un bouillon épicé), qui a mis la tête en feu à Antho.

Nous sommes tristes de quitter cette belle ville qui nous a ouvert les portes du Pérou. On y a passé vraiment un beau séjour. Demain, on quittera la ville pour aller dans le canyon du Colca faire un trek de 3 jours et découvrir la vie rurale du pays.


