La Paz! Finalement en Bolivie

C’est parti pour aller en Bolivie ! Depuis 2-3 jours, l’armée enlève les barrages routiers et le pays se prépare à revenir à la normale. Depuis deux jours aussi, les bus vendent des tickets pour traverser la frontière. Pour nous, c’est une excellente nouvelle car si on y entre maintenant, on pourra y passer 3-4 semaines !

Nous nous pressons alors à quitter Puerto Maldonado et à aller vers le lac Titicaca. Nous achetons un billet de bus de nuit avec la compagnie Tranzela, et on arrive à dormir plutôt bien. Au lieu de foncer vers la frontière, nous optons pour une halte d’une nuit à Puno qui nous permettra de laver nos affaires, qui après l’expérience amazonienne ne sentent vraiment pas bon, et aussi de passer chez un ORL pour Linda qui est sourde d’une oreille depuis 6 jours.

Nous quittons Puno le 24 juin à 6h15 du matin. C’est la deuxième courte nuit pour les filles, on voit qu’elles ne kiffent pas ce réveil matinal. En guise de vengeance, elles ne feront que crier dans le bus. Heureusement que nous ne sommes que 8 voyageurs (sur un bus qui compte 35-40 places). On essaiera de les faire dormir plus dans les jours à venir 😇

Sur la route, on admire le lever de soleil sur le lac Titicaca. Le long du lac, il y a des champs avec des moutons et des vaches. Le soleil fait briller le foin.

Nous arrivons à la frontière, et cette fois-ci, nous avons bien mangé tous nos fruits avant le contrôle, puisqu’ils sont interdits. Les formalités prennent du temps, mais en l’espace de 30-45 min, nous sommes en Bolivie !

La route a été libérée, on voit des tas de pierres sur les côtés. Il y a aussi énormément de camions chargés de produits pour ravitailler les villes. En se rapprochant de La Paz, le trafic s’intensifie mais reste fluide. On passe par El Alto, un quartier à 4000 mètres d’altitude connu pour son énorme marché. Il y a pas mal de stands de fruits, légumes, vêtements… la vie revient à la normale. Dans le bus, avant de descendre, nous en profitons pour nous renseigner sur les dangers de la ville et apprendre les bons gestes, car dans certaines zones, il y a de faux policiers qui volent les papiers et aussi pas mal de pickpockets.

Au terminal, il y a d’énormes tas de boîtes et de colis prêts à être envoyés, il y a sûrement plus de marchandises que de gens. On marche jusqu’à notre hôtel, que nous avons payé 40% moins cher à cause de la crise. Nous sommes les seuls « guests » d’un bâtiment à 4-5 étages, et le proprio profite du calme pour rénover l’hôtel.

On sort aussitôt pour retirer des BOB en suivant les conseils des voyageurs rencontrés il y a quelques semaines. En fait, le pays a deux marchés de change parallèles : soit on retire au distributeur avec le taux officiel à 6.97, soit on s’envoie de l’argent sur MoneyGram et on le retire dans une banque autorisée à 11. En utilisant cette deuxième option, on retire environ 37% de BOB en plus ! Certes, ça prend plus de temps, car on doit signer 2-3 papiers, mais le gain est énorme ! Le gouvernement réglementera cela deux jours plus tard en dévaluant la monnaie locale et en mettant un frein au marché noir.

Une fois les poches remplies de billets, on continue notre balade dans la ville. On passe par les rues où on ne vend que des vêtements, ensuite celle où on ne vend que des sandales et les chouchous traditionnels pour les nattes des filles, ensuite là où il y a des fruits et légumes… Enfin, on arrive au marché des sorcières, où on trouve les fameux fœtus de lamas séchés utilisés comme offrandes pour la Pachamama lors des rituels. Il y a aussi de l’encens, des bougies, des herbes, des potions, des statues… Linda voudrait tout acheter, mais se retient en pensant aux sacs à dos déjà chargés que nous avons.


Ce soir, on ne dînera pas local, avec un burger en face de l’hôtel.

Nous dédions notre deuxième jour à la découverte de La Paz via le téléphérique. Ce réseau de transport suspendu, dont les premières lignes ont été créées il y a seulement 15 ans, permet de visiter La Paz autrement et surtout d’en apprécier l’urbanisme vertical. Il y a 10 lignes actives qui relient La Paz à tous ses quartiers, mais aussi à El Alto. Les filles adorent cette balade suspendue, c’est comme être au parc d’attractions.

On s’excite à la vue des bâtiments en néobaroque andin, tous plus colorés et absurdes les uns que les autres. Ce sont des bâtiments construits par des gens d’origine aymara qui ont fait fortune dans le commerce. Depuis nos cabines, nous pouvons voir leur rooftop, généralement habité par le propriétaire de l’immeuble, tandis que les étages inférieurs sont des commerces. Ce sont les seuls bâtiments avec de vraies façades, le reste de La Paz est fait juste de briques sans aucun embellissement. Cela crée une certaine uniformité de paysage.

On passe de la ligne rouge à la bleue (pour un aller-retour), ensuite la grise, et enfin la jaune pour descendre à Sopocachi, un quartier résidentiel et universitaire. Ici, l’atmosphère est différente du quartier où on réside, bien plus calme et apaisante. On s’arrête pour grignoter un truc et on profite du soleil dans un parc pour enfants. C’était depuis le Chili qu’on n’avait pas eu l’occasion d’en trouver un… il semble qu’au sud du Pérou, cela n’existe pas…

Nous rentrons à pied à travers les quartiers qui évoluent rue après rue. Soudain, on se trouve dans une rue pleine de kiosques qui vendent de l’api et des gourmandises frites. C’est le goûter le plus populaire ici, du coup on s’arrête en bord de route pour manger. On adore l’api, une boisson chaude et dense à base de maïs noir et de clous de girofle. On reprend la balade et un peu plus loin, on croise des gens qui lisent l’avenir avec du plomb ou des œufs. Adele est impressionnée par ces sorciers modernes.

La nuit presque tombée, nous décidons de dîner chez Tia Glady, une adresse connue des routards, surtout israéliens. On y passe un dîner relaxant.

Pour notre 3ème jour, nous décidons d’aller visiter la Vallée des âmes, qui est en lisière de La Paz. On galère à trouver le bus car à cause de la pénurie de carburant, ils ont réduit les courses. On prend alors les lignes de téléphérique céleste et verte et on arrive à la fin de La Paz, dans le quartier est qui est celui des ambassades et des classes aisées. Les bâtiments sont tous soignés, il y a des villas, la population a des traits plus mixtes, c’est encore une autre atmosphère. Nous appelons un taxi qui nous accompagne au début de la Vallée, où une vieille dame nous attend au guichet du parc. Elle nous dit que là-haut il fait froid, mais encore une fois, nous crevons de chaud. Les pics rocheux de la Vallée des âmes sont impressionnants, ils ont un côté très mystérieux et dramatique qui fascine. Les formes ont été sculptées par l’eau et les vents qui s’engouffrent entre les formations rocheuses et sifflent fort. C’est ce bruit, comme des cris, qui a inspiré le nom. Au sommet d’un mirador, nous échangeons avec deux filles. Elles étudient le tourisme mais ne parlent pas anglais. Elles nous demandent comment est la météo en Italie et en France et sont étonnées de découvrir que selon nous, ici, il ne fait pas si froid. Le froid est un sujet de conversation très fréquent, tout le monde semble en souffrir ici. Peut-être parce que le soir ça caille et qu’ils n’ont pas de chauffage.

Nous redescendons la vallée et rentrons en bus. Sur la Plaza Camacho, c’est l’heure de pointe, on y trouve plein de monde. On se faufile dans la foule jusqu’à la Plaza San Francisco et nous en profitons pour y visiter l’église. Le coin est réputé pour les pickpockets, du coup on s’éloigne juste après la visite. Nous avons entendu trop d’histoires sur La Paz et nous gardons la garde haute, c’est d’ailleurs peu relaxant… Sur la route du retour, nous avons visité le musée de la coca, qui n’est pas ouf, mais qui nous a donné des infos sur l’utilisation traditionnelle des feuilles ainsi que sur la transformation en cocaïne et le narcotrafic qui en découle.

Le jour suivant, nous dédions la journée à 4 autres musées de La Paz qui donnent une idée de l’histoire de la Bolivie : le musée Costumbrista, le musée du Littoral, celui des métaux et celui de Murillo. La visite se fait bien en 2h, et même si les explications sont très basiques, voire parfois inexistantes (on remercie Gemini pour avoir répondu à toutes nos questions). En tout cas, ce moment culturel nous a permis de comprendre l’histoire du colonialisme espagnol et la difficulté à s’en débarrasser, ainsi que la douloureuse perte de l’accès à l’océan en 1884 suite à la guerre avec le Chili, qui a enclavé le pays dans le continent. Riche en minéraux et ressources (or, argent, lithium, borax, pétrole, uranium…), ce pays doit trouver la bonne recette pour les exporter sans avoir de port à lui.

On termine la journée avec une indigestion de sucre à base d’alfajores et de chocolat qui nous coûte trois fois rien (en Bolivie, on ne dépense pas cher pour la nourriture). Ça sera aussi la fin de cette première halte à La Paz. Ce soir, nous quitterons la capitale à 21h avec un bus de nuit pour le Salar d’Uyuni.

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