Cochabamba, ville du printemps éternel

Il est temps de quitter Sucre et sa douceur de vie. Traumatisés par nos derniers voyages en bus, nous avons exploré l’option de faire notre trajet Sucre-Cochabamba en taxi. La route est très sinueuse et plein de minibus font des accidents à cause de la vitesse élevée. Nous décidons alors de nous confier à un chauffeur privé qui nous coûtera autant qu’un bus de nuit, puisque son véhicule est au gaz et peut être compétitif sur le prix. D’ailleurs, ici, il y a une forte pénurie d’essence, et avoir une voiture au gaz permet de ne pas attendre 1-2 jours pour remplir le réservoir. Sur la route, on verra plein de camions, voitures et bus attendre leur ravitaillement.

Notre conducteur assure une bonne conduite, même si son « taxi sûr » (nom de la compagnie) n’a aucune ceinture de sécurité qui marche. Le chauffeur nous emmène à destination même s’il ne connaît pas bien la route et ne possède pas de GPS ; des gens le long du chemin nous ont indiqué la route. Lol !

Nous arrivons en ville en passant par l’énorme marché de Cochabamba, l’un des plus grands d’Amérique latine, qui fait 1 km carré. On arrive enfin dans notre hôtel, il est plutôt bien, Linda a réussi à trouver un truc bien et pas cher. Nous nous assurons ainsi 2 nuits de bon sommeil.

Affamés, nous sortons pour faire un goûter en fin d’après-midi. Sur la Plaza 14 de Septiembre, nous en profitons pour une pause sucrée et pour laisser les filles jouer avec les pigeons. Les enfants achètent des graines pour les nourrir, ils sont gros et gavés par le maïs. La place est agréable, avec des arcades coloniales de couleur jaune et la cathédrale d’un côté. D’énormes palmiers font de l’ombre, prisée par les dames qui s’attardent sur les bancs pour papoter.


Cochabamba est appelée « la ville du printemps éternel ». La météo est en effet parfaite, comme à Sucre, il fait toujours beau, avec 20-25 degrés. Des vestiges coloniaux, il n’en reste que sur la Plaza 14 de Septiembre, le reste est plus récent. Mais globalement, l’urbanisme est plutôt sympa, avec beaucoup de parcs arborés et des arbres au bord de la route. Les bus colorés typiques de Bolivie défilent en grand nombre et desservent différents quartiers, suivis par des taxis en version auto-tuning.

Lors de notre premier soir à Cocha (comme disent les locaux), on aura du mal à trouver un resto ouvert, car tout ferme tôt.. ou ouvre tard.. on finira dans un endroit type fast-food avec nourriture locale.

Le jour suivant, nous avons consommé nos semelles pour faire un énorme tour de la ville. D’abord, nous sommes allés voir les bus dispos à la gare pour quitter la ville le lendemain. Malheureusement, à cause de la pénurie de pétrole, aucun bus ne peut se réserver le jour d’avant, du coup rdv le jour suivant pour acheter le ticket.

Sortis du terminal, nous avons traversé l’énorme marché de Cochabamba. Avec une halte obligatoire pour boire un jus, nous avons marché longtemps avant de sortir des stands de fruits, poulets, viandes, produits d’entretien..

Les filles étant affamées après cette marche, nous ont obligés à nous arrêter pour manger dans un resto à côté de l’université où les étudiants viennent manger du ramen. La nouvelle génération semble attirée par le Japon et la Corée du Sud, les restos de ce type de gastronomie rivalisent dans les quartiers étudiants de toutes les villes boliviennes. Le ventre rempli, nous avons traversé le campus et nous sommes arrivés de l’autre côté de la ville. Notre objectif final était d’aller voir le mirador du Cristo, une statue comme celle de Rio de Janeiro, mais encore plus grande (elle a eu le record avant d’être dépassée par une statue en Pologne). Un téléphérique permet de monter tout en haut, et d’admirer la ville aux côtés des familles locales qui vont faire leur pèlerinage.

Pour terminer la journée, nous avons dîné avec des brochettes en bas de l’hôtel et découvert les habitudes des apéros locaux : les gens ont une très bonne descente en bière et peuvent terminer un litre en 20 min pour ensuite enchaîner avec un autre, ou alors jouer aux dés et faire boire un verre à celui qui perd. Nos 4 voisins comptaient 16 bouteilles d’un litre à côté d’eux 🫣 La bière n’est pas la seule boisson prisée d’ailleurs, le Coca-Cola est roi en Bolivie. Ici, à table, on ne sert que des bouteilles d’un litre ou d’un litre et demi ! Je ne sais pas comment ils arrivent à dormir le soir !

Le jour après, nous avons opté pour un programme plus chill, puisque le soir nous attendait un bus de nuit. Après avoir fait un autre tour au terminal de bus pour acheter les tickets, nous avons visité la cathédrale et passé un bon bout de temps au parc pour défouler les filles, avant de regarder dans un café le match France-Maroc en dégustant un croissant avec du jambon et du fromage 🙂

Mais notre journée n’est pas finie et encore d’autres émotions nous attendent pour le soir. Oui, parce que notre expérience au terminal a été bien épique.. Déjà, pour y arriver, nous avons appelé un taxi avec InDrive (le Uber bolivien) et la voiture qui est arrivée était digne d’un concours d’auto-tuning de Lille, mais en version voiture prête pour la décharge, avec de la rouille et des portes qui ne s’ouvraient pas..

À 21h, nous sommes au terminal, et là nous faisons face à une énorme foule de gens prête à partir. En fait, en raison de la pénurie d’essence, seuls les bus du soir partent, et les voyageurs se trouvent coincés au même endroit au même moment. C’était un défilé de mamies en jupons chargées de colis sur le dos, de gens avec des sacs et des valises, tous transportant leur couette pour la nuit. Au bruit des voyageurs s’ajoutait celui des vendeurs de tickets, qui annonçaient les destinations « La Paz, La Paz, La Paz »…. Heureusement que dans tout ce bordel régnaient le calme et la bonne ambiance. Nous avons observé ce grand chaos dans un coin et plusieurs mamies sont venues papouiller Adèle, qui était la princesse blonde du terminal (Amélia dormait déjà en porte-bébé). À 21h45, nous sommes allés au guichet pour charger nos valises sur le bus prévu pour 22h. Et là, on ne sait pas ce qui s’est passé, mais le gars nous a fait attendre, ensuite il a dit que c’était le tour de notre bus, prévu à la plateforme 9. Une fois sortis sur la plateforme, on nous dit que le bus présent sur cette plateforme était le suivant (celui de 22h30). Où était donc notre bus ? Déjà parti, avec nos valises ! Panique ! Une hôtesse que nous avons interpellée s’est alors lancée à sa rencontre à travers le terminal, et a réussi à l’arrêter. On a fait le record mondial de course de vitesse avec sacs à dos, Amélia en porte-bébé, Adèle à la main, pour rattraper le bus. Nous sommes montés et avons enfin eu droit à du calme, bien que la nuit qui a suivi a été blanche à cause de la route, sauf pour les filles qui étaient k.o. On arrivera comme des zombies à La Paz pour ensuite prendre un bus pour Copacabana.

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