Kaoh Tonsay - Krong Kampot

Phnom Penh – la capitale dynamique

Capitale royale et perle de l´Asie, Phnom Penh méritait bien un petit stop d’une journée avant de m’embarquer pour les plages du sud. Pour rejoindre la ville rien de mieux qu’un bus de nuit réservé gentiment par ma Guest House. Départ 20h30 de Siam Reap et arrivée à …1h30 ! Whaaaaaaatt ??? Après une courte de nuit dans une couchette étroite partagée avec Elias, un Suisse de 23 ans dessinateur pour architecte si j’ai bien compris et heureusement épais comme un bambou indien, je regarde mon téléphone désespéré qui affiche 1h30. Ce bus qui a pour destination finale Sihanoukville me dépose à 4km de la Guest House en compagnie d’un 2ème larron local qui ne m’inspire pas confiance. La norme aurait été de prendre une moto taxi ou la bonne vingtaine de tuk tuk qui m’ont sollicité à coup de 1,2,3 $. Bref ça aurait pu être gratuit que j’aurai quand même marché…Je découvre ainsi la ville de nuit. Ça va, c’est un peu éclairé et quelques âmes traînent au bord des routes.

Après 45mn de ballade nocturne je pose enfin les sacs à la Guest House où j’obtiens un lit dans le dortoir. Niquel !

Le lendemain c’est balade dans la ville animée plutôt moderne et en transformation à en juger par les gigantesques projets de constructions sûrement dus aux investissements étrangers. L’architecture coloniale est encore présente, l’authenticité de Wat Nuon Moniram avec ses moines et ses enfants, le joyeux bordel du marché russe où tout se vend, la mégalo des constructions de Diamond Island City, la beauté du Palais Royal ou encore l’animation des bords du Mékong m’inspirent un mélange à la fois anarchique et harmonieux où je m’y sens bien.

Phnom Penh Mékong

Dans les bars, on joue aux échecs, au billard on boit des cafés glacés et des bières pour 0,5$…les plats traditionnels à base de poissons tout juste pêchés du Maékong (Amok) ne manquent pas et c’est plutôt bon. Je me fais aborder par Daniel, un Cambodgien ayant la quarantaine qui veut tchatcher un peu…Il travaille à la frontière depuis 25 ans, sa sœur aimeraient bien aller à Paris et lui connaît les tuyaux pour gagner au casino…évidemment. Daniel est malin et me raconte un peu sa vie. Il a l’air sympa et me propose de m’emmener à moto rencontrer sa sœur. Dis moi Daniel, tu ne me prendrais pas pour une buse par hasard ?  😉 Ça sent clairement le traquenard alors j’écoute gentiment en declinant l’invitation ayant un bus imaginaire à prendre dans pas longtemps…l’histoire aurait certainement finie dans un bar à essayer de me vider les poches comme j’ai pu entendre d’autres backpackers un peu naïfs. C’est aussi ça la réalité ici ;(

Je consacre 3h à la visite du musée sur le génocide opéré par l’armée des khmers rouges entre avril 1975 et janvier 1979, 3 années terribles sous le commandement de Pol Pot qui ont marqué l’histoire d’un peuple entier. Le musée qui se tient dans l’ancienne prison surnomé S21 glace le sang…cellules, portraits de victimes : intellectuels, artistes, étrangers, religieux, instruments de torture, les bourreaux ont à peine la vingtaine. Résultat : un quart de la population a été décimé par le régime. Pol Pot concèdera : des erreurs ont été commises…

Phnom Penh musée du genocide

Partout où je voyage, les moments sombres de l´Histoire semblent se répéter invariablement comme si la destinée des peuples en dépendait nécessairement. Quelle tristesse mais aussi quel espoir de voir se relever les cambodgiens dans la reconstruction de leur pays.

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