Pour rejoindre Copacabana, ce fut un sacré périple !
Départ avec le bus de nuit de La Paz dans une gare routière bondée de voyageurs. Les vacances d’hiver des Boliviens ont commencé et tout le monde est agglutiné dans la station. C’est une cacophonie générale où chaque compagnie de bus essaie de rabattre des clients. En plus, comme il y a encore une pénurie de diesel, seuls les bus de nuit font le trajet vers La Paz.
Étant bien en avance, les filles s’endorment sur nous. Le gars qui étiquette les bagages nous dit que les bus ont 20 minutes de retard et qu’il faut patienter. On patiente, on patiente… Et au moment de rejoindre le quai, on nous dit que le bus qui part est celui de 22 h 30. Mais où est celui de 22 h ? Le personnel de la compagnie nous attrape au vol pour nous faire grimper dans notre bus qui était déjà en train de quitter le terminal. Coup de chaud ! On espère que nos bagages ont bien été embarqués. Quelques minutes plus tard, tout le monde dort à poings fermés.
Arrivés au petit matin à La Paz, on enchaîne directement avec un bus pour Copacabana. Le timing est parfait et le trajet est superbe ! Cette partie du lac a l’air plus sauvage, plus calme. C’est très agricole : des vaches, des cochons, des champs de maïs, de quinoa… et de petites habitations de campagne. Tout a l’air si paisible.
L’anecdote de fou : Quand le lac Titicaca a donné son nom à Rio !
Si on vous dit Copacabana, vous pensez tout de suite à Rio de Janeiro, aux maillots de bain colorés, à la bossa nova et aux caïpirinhas sur la plage, pas vrai ? Et pourtant… le vrai, l’unique, le tout premier Copacabana se trouve en réalité en Bolivie, perché à plus de 3 800 mètres d’altitude sur les rives du lac Titicaca !
L’histoire derrière ce nom est assez dingue :
Acte 1 : Le village andin. À l’origine, Copacabana est un petit village bolivien. Son nom vient de la langue aymara (kota kahuana) et signifie tout simplement « vue sur le lac ». Au XVIe siècle, un sculpteur inca converti y façonne une statue en bois de la Vierge Marie. Elle devient super célèbre dans toute l’Amérique du Sud pour ses prétendus miracles.
Acte 2 : La grosse galère en mer. Avance rapide jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Des navigateurs portugais partent en mer avec une réplique de cette fameuse Vierge noire bolivienne dans leurs bagages. Manque de bol, à l’approche des côtes de Rio de Janeiro, une tempête monumentale éclate. Le bateau est à deux doigts de couler. L’équipage prie la Vierge de Copacabana de les sortir de là sains et saufs.
Acte 3 : Miraculeusement, le bateau tient le coup et accoste sur une plage sauvage de Rio. Pour remercier la Vierge de leur avoir évité de finir au fond de l’eau, les rescapés construisent une petite chapelle au bord du sable et y installent la statue.
Résultat ? Les habitants de Rio ont commencé à appeler le quartier et la plage du nom de la chapelle. C’est comme ça qu’un nom amérindien qui voulait dire « vue sur le lac » en haut des Andes a fini par désigner la plage de sable fin la plus célèbre de la planète. Sacré voyage !
Notre arrivée à Copacabana : Entre calme andin et hostel « roots »
On découvre une ville paisible, à taille humaine, silencieuse et où l’on se sent bien, avec son marché, ses ruelles pentues, ses petites échoppes et ses cafés. On y croise nettement plus de voyageurs qu’à Cochabamba, Potosí ou Sucre.

On s’installe dans notre hostel, l’Utama. On a même droit à la suite familiale avec une petite cuisine… mais n’imaginez pas un quelconque luxe ! C’est clairement dans le top 3 des hostels les plus roots depuis que l’on voyage… Nous avons 3 chambres mais pas de chauffage. Il fait 8 degrés la nuit, on a bien fait de demander une deuxième couverture ! La douche est chaude mais elle inonde complètement la salle de bain… On dormira tout habillés, comme souvent autour du lac Titicaca. 😉 Ce sera très bien pour 3 nuits, mais pas plus !
Pour le déjeuner, on s’arrête chez Charli’s Snack où l’on prend, comme souvent, le menu del día : une excellente sopa de maní (la fameuse soupe de cacahuètes bolivienne) suivie d’un bon plat de spaghettis bolognaise validé par Linda, et d’une bonne omelette aux légumes. Simple et très bon.
On passe l’après-midi au bord du lac en profitant du ciel bleu et d’un soleil brûlant ! Il y a quelques activités aquatiques, comme des pédalos et des bouées tirées par des bateaux. L’eau doit être à 12 degrés environ, pas de quoi faire un grand plouf, mais après ce long voyage en bus, c’est tout simplement royal.

À 18 h, le soleil passe sous l’horizon et là, la ville accueillante se transforme instantanément en réfrigérateur. On file vite se mettre au chaud chez Pit Stop, une super bonne adresse pour manger des quiches, des parts de tartes et des gâteaux.
Cap sur l’Isla del Sol : Une pépite absolue
Lendemain, réveil matinal pour attraper l’un des bateaux qui part du port à 8 h 30 pour passer la journée sur l’Isla del Sol. On discute avec Oliver, un Bolivien origine de Samaipata, venu à Copacabana pour les vacances scolaires qui passe la journée avec trois de ses enfants sur l’île. L’échange est super sympa : il nous raconte un peu sa vie et se montre très curieux d’en savoir plus sur la nôtre.
On débarque au port de Yumani, sur la partie sud de l’Isla del Sol. Quel paysage de carte postale ! Les sommets enneigés à plus de 5 000 mètres de la Cordillère Royale se détachent de l’autre côté d’un lac couleur bleu cobalt. Cette île, c’est une pépite absolue. Pas une seule voiture à l’horizon, juste des chemins de terre, des cultures en terrasses vieilles de plusieurs siècles, et des ânes qui vous regardent passer l’air de rien.

Une agréable randonnée sur le sentier des crêtes nous amène au Temple du Soleil, dans lequel les filles peuvent faire une offrande de feuilles de coca. Bien que nous soyons déjà acclimatés, on sent quand même le manque d’oxygène à ces altitudes dès qu’il s’agit de grimper les escaliers construits par les Incas.

On déjeune en terrasse dans l’un des restaurants qui offrent une vue imprenable sur le lac. Une famille bolivienne de La Paz est aussi attablée et attend ses fameuses truites à la plancha. Il y a comme un vrai air de vacances. C’est le jeune garçon de la famille qui fait le service pendant que sa maman s’active en cuisine. On attend plus d’une heure et demie pour avoir notre soupe et nos truites, mais l’attente valait le coup : les deux sont délicieuses.
On se demande si les locaux se rendent vraiment compte de l’endroit paradisiaque dans lequel ils vivent. En même temps, on a bien conscience que la vie ici doit être rude, surtout quand l’on croise un berger avec ses moutons et que l’on sait que la plupart des gens vivent uniquement d’une agriculture difficile et du tourisme.
Retour sur le toit du bateau à 16 h pour rentrer à Copacabana et admirer le coucher de soleil. Le soir, on se met au chaud dans un restaurant (Km Zéro) pour un combo apéro/dîner devant le match Norvège – Angleterre, tout en goûtant un bon vin bolivien.
Après cela, nous passons une nouvelle nuit glaciale dans notre hostel.
12 juillet : Joyeux anniversaire Adèle ! 🎂
Ce 12 juillet est un jour de fête : Adèle a 6 ans !
On commence la journée par la visite de la basilique de Copacabana, où l’on assiste même à la fin de la messe.
Au milieu des petites maisons en brique et des échoppes de rue, la Basilique de Notre-Dame de Copacabana surgit comme un immense palais d’un blanc éclatant. Construite au XVIIe siècle, elle affiche un style colonial espagnol très influencé par l’art mauresque (le style mudéjar). Ses dômes sont recouverts de carreaux de faïence colorés qui brillent sous le soleil intense de l’altitude.
Devant l’église s’étend une immense cour fermée. Pourquoi si grande ? À l’époque de la colonisation, les populations autochtones (Aymaras et Incas) refusaient d’entrer dans des temples fermés, car elles étaient habituées à prier la nature en plein air. Les prêtres ont donc conçu cette grande cour extérieure (une « chapelle ouverte ») pour pouvoir prêcher dehors !
À l’intérieur, protégée derrière un autel scintillant de feuilles d’or, se trouve la véritable star locale : la Vierge de Copacabana (ou Virgen de la Candelaria). Sculptée au XVIe siècle par un artiste d’origine inca, cette étonnante Vierge noire aux traits andins est le symbole ultime du métissage culturel de la région. Véritable reine locale, elle porte de somptueuses robes en tissu brodées de fils d’or (qu’elle change régulièrement !) et trône sur un croissant de lune en argent hérité de la mythologie inca. Installée sur un socle rotatif, la légende veut qu’elle doive toujours faire face au lac Titicaca pour éviter que celui-ci ne se fâche et n’engloutisse la ville !
Qui dit anniversaire, dit gâteau ! Pour célébrer ses 6 ans, nous avions commandé la veille un gâteau au chocolat dans une pâtisserie de la ville. Bon, le pâtissier n’a visiblement pas tout compris, car il n’y avait pas la moindre trace de chocolat (pourtant, on lui avait bien montré le modèle en vitrine la veille !). Le design du gateau est aussi discutable, ça coule partout, mais Adèle est contente quand meme 🙂 Bref, nous nous installons sur l’un des pontons au bord du lac pour souffler la bougie… qui refuse de s’allumer à cause du vent.

Mais c’est trop chouette de pouvoir fêter son anniversaire ici. On passe une magnifique journée ensoleillée au bord de l’eau à colorier des cailloux et à construire un four en pierre. Beaucoup de locaux ont rejoint les rives du lac pour passer les vacances ou le week-end, et l’ambiance est très familiale et festive.

Le soir, on dîne dans l’un des kiosques au bord du lac qui servent la fameuse truite. Il faut savoir qu’ici, un bon plat de truite fraîche coûte environ 40 bolivianos, soit moins de 4 €… Alors, on en profite pour faire une sacrée cure de poisson ! 😀
Ce fut une magnifique journée d’anniversaire avec des filles super contentes.
Copacabana était notre dernière étape en Bolivie après plus de 3 semaines intenses dans le pays. Demain, nous reprendrons la route pour Arequipa, en passant par Puno !


