Nous quittons l’étouffante Mompox pour gagner les Caraïbes le jour de l’anniversaire d’Antho. Si l’idée d’une journée de bus n’est pas un cadeau enthousiasmant, le dîner en bord de mer devrait être la bonne récompense.
On prend le bus de 7h30 dans probablement le pire terminal du voyage. La périphérie de Mompox est tassée de poubelles et l’arrêt du bus ne fait pas d’exception. Le trajet nous fait passer par des champs de zébus avec végétation tropicale et par des villages avec de simples maisons en briques et tôle. En se rapprochant nous voyons les montagnes qui cachent la Ciudad Perdida , et à leur pieds des champs de Palme à huile. On commence à sentir la « vibe » des Caraïbes, avec cette chaleur qui fait fermenter les déchets, les gens de moins en moins habillés pour survivre à la chaleur.. nous arrivons à destination en retard, ce qui est une habitude en Colombie.
Une fois posées nos affaires dans l’appartement que nous avons loué (avec quelques inconvénients dus au ménage) nous sortons pour trouver un dîner digne des 42 ans d’Antho. Mais il semble que chaque fois que l’on veut enfin se faire plaisir, le destin nous tourne le dos. En fait, le centre-ville de Santa Marta présente surtout des gastro-bars, ou des lounge bars à cocktails avec musique à fond et des rabatteurs insistants. La ville est animée, les gens sont tous habillés en blanc et prêts à faire la fête. Ce n’est pas exactement l’ambiance reposante de plage à laquelle on s’attendait pour dîner en famille.. on l’aurait bien kiffée la terrasse d’un de ces bars avant la naissance des blondinettes, mais là on est trop k.o. pour tout ça.. du coup on finit dans un resto spécialisé en viande qui est vide, mais qui nous a servi de magnifiques burgers sans nous détruire les tympans.
On n’a par contre pas trouvé de gâteau et bougies à souffler, et on remettra cela au jour suivant.
Le jour après nous avons foncé à la plage pour voir enfin la mer des Caraïbes. Malheureusement la ville dispose seulement de deux plages, une à gauche de l’embarcadère où se retrouvent les mecs addict au crack, et l’autre entre l’embarcadère et le port, où il y a une ambiance plus familiale mais une taille très réduite. Bien sûr nous sommes allés dans la deuxième option.

Si cette première rencontre avec la mer ne nous a pas émus, étant donné le sable noir et bien rempli de déchets, elle nous a permis de découvrir les usages locaux. Les gens louent des sortes de tentes avec chaises en plastique et passent la journée à la plage en écoutant de la musique à fond avec une énorme enceinte qu’ils amènent. Pendant l’écoute et entre deux petites baignades ils boivent pas mal de bière et d’aguardiente, au bout de quelques heures ils sont bien ivres. Tous les 5 min sur le sable passent aussi pas mal de vendeurs ambulants qui vendent fruits, canettes, massages.. Bref, l’image de nous sur une plage blanche sous un palmier à kiffer le bleu de la mer s’est violemment confrontée avec la réalité hehhehe Confortés par l’idée de trouver peut-être un peu de paix dans le parc de Tayrona nous avons quitté la plage, rouges comme des homards (le soleil tape très très fort) pour aller acheter le tant attendu gâteau d’anniv d’Antho, qui d’ailleurs était super bon !
Au troisième jour de notre séjour nous avons prévu d’aller à la plage des coquilles du parc de Tayrona, qui est la plus facile d’accès. Bien que les autres semblent être des plages de rêve dans les guides, les 6 heures de marche avec 32 degrés nous ont fait rendre compte qu’en famille c’était un peu dur.. Du coup nous avons pris un bus de ville + un colectivo pour nous rendre à destination. Après une belle route bordée de déchets nous avons rejoint le parc national de Tayrona. La plage est en effet très sympa, avec végétation dans le fond, sable gris et mer transparente. Cette fois-ci nous avons suivi les coutumes locales en louant une place à l’ombre pour éviter de brûler ultérieurement. Les filles ont passé la journée à faire des châteaux, elles avaient du sable jusqu’aux oreilles.

Notre dernier jour en ville nous l’avons passé en visitant le Musée de l’Or, où nous avons appris plus d’informations sur l’histoire de la ciudad perdida et des traditions du nord de la Colombie. La chaleur était très forte en cette dernière journée, même les générateurs d’électricité ont lâché laissant les boutiques de souvenir dans le noir. Nous avons profité des boutiques pour nous équipier pour la piscine du prochain logement.

Le reste de notre séjour à Santa Marta nous l’avons passé à côté des plages de Pozos Colorados, au sud du centre-ville de Santa Marta. Nous nous sommes installés dans un appartement qui fait partie d’un de ces gros bâtiments neufs en bord de plage. C’était notre première expérience de ce type (la première de ma vie) et au début on avait peur de nous ennuyer pendant nos 5 jours. Mais en fait, la routine « réveil, plage, piscine, déj, dodo, dîner » nous a permis de nous reposer, ce qui était l’objectif avant la rentrée en France. Nous avons profité de plages bordées de cocotiers, avec moins de vendeurs ambulants, et une vue plus sympa sur l’horizon.

C’est ici que nous avons croisé pas mal de Colombiens qui ont fait leur vie aux USA et qui maintenant ont investi dans ces bâtiments très modernes pour y passer la retraite. Pour tous, le sujet de la sécurité était important, et ils nous ont partagé leur enthousiasme pour le programme du nouveau président qui veut faire la guerre aux narcos. Les gens semblent vouloir se réapproprier leur territoire, veulent se déplacer en voiture sans risquer d’être kidnappés et profiter des paysages incroyables que la Colombie offre.

Notre séjour oisif en bord de plage nous a rechargé les batteries, après 8 jours à Santa Marta nous sommes prêts à partir vers la dernière étape, Carthagène.
Ça fait bizarre de se dire que nous sommes sur la fin, et en même temps on commence à s’impatienter. Adèle veut retrouver ses doudous, Amélia veut son copain Maël, moi je veux ma maison et Antho sa forêt.


