Train - Panitanki

Haridwar et Rishikesh : Gange et yoga

Les nombreux plats de pâtes et les dizaines d’heures de dodo m’ont remis sur pieds. Pour terminer notre aventure on a hésité entre plusieurs options. Aller à Dharamsala, refaire un trek au Népal, prendre un billet pour le Sri Lanka où la Thaïlande, visiter le Kerala (Sud de l’Inde). Or après un check rapide de la météo, le cyclone Gaja va balayer les côtes sud du pays. Finalement, comme on s’est habitué au calme de la montagne on décide de partir au nord ouest de l’Inde pour visiter Haridwar, Rishikesh, Chandigarh et enfin Dharamsala.

Première étape : 22h de train (14625) en AC3 pour atteindre Haridwar depuis Varanasi. La banquette sera notre petit cocon pour cette longue journée. On partage notre wagon avec un groupe de vieux sympathiques en pèlerinage sur le Gange. Les femmes sont coquettes, vêtues de beaux saari et bijoux. Tout ce beau monde discute dans la bonne humeur, on a l’impression de faire partie de la famille le temps d’un voyage. Un papy nous a demandé si l’on pouvait lui laisser la banquette du bas. C’est vrai que ça peut être sportif pour un vieillard de devoir escalader les banquettes pour aller sur celle d’en haut. Ça nous arrange même un peu, au moins en haut tu peux dormir tranquille ! Le papy écoute Amstrong sur son téléphone, une lumière roseatre perce une fenêtre dégageant une atmosphère de vieux film. A l’inverse des bus Népalais, on aime les trains indiens car on s’y sent bien et à chaque fois une nouvelle histoire nous attend avec de nouveaux acteurs, une nouvelle bande sonore et une ambiance singulière qui restera dans nos mémoires, comme une parenthèse dans ce voyage.

Par la fenêtre, on découvre à nouveau les campagnes indiennes où poussent les champs de maïs, de blés, d’oignons et de pommes de terre. Le long des champs, des maisons grisâtres baignent dans les détritus. Les femmes travaillent et les enfants jouent au bord des rails. On se demande comment un gouvernement peut laisser vivre sa population dans ces conditions et pourquoi il ne semble pas y avoir de prise de conscience sur ce qui pour nous ressemble à une véritable tragédie.

Il est 5h du mat’, il fait encore nuit lorsque nous arrivons avec 2 heures de retard (ce qui nous arrange) à Haridwar et c’est déjà le bordel. Notre hôtel est à 200m de la gare, un bâtiment sans charme, sale qui suinte la moisissure. On donne les 200 roupies demandées pour le early checking dans une chambre temporaire digne d’une scène de Zola. On y dort 1h30 et on part visiter les ghats  de la ville où l’on retrouve nos voisins de banquettes avec qui on se prend volontiers en photos. Ici, beaucoup d’Indiens viennent en pèlerinage car c’est l’une des sept villes sacrées de l’hindouisme et proche des sources du Gange. On visite le Manasa Devi Temple accessible après une bonne marche sur les hauteurs de la ville ou par un téléférique année 60. C’est l’effervescence et très familial, des offrandes de fleurs et de nourriture sont faites aux divinités.

Ghat haridwar

La ville n’a pas d’autres charmes et les bords du Gange sont bondés de campements précaires où vit une population démunie et poussiéreuse qui contraste avec l’aménagement des ghats.

A une heure de bus vers le nord se trouve Rishikesh. Autre ville de pèlerinage et capitale mondiale du yoga réputée pour ses ashrams. La partie nord de la ville a été colonisée par les touristes : yoga retreats, centres de méditation, cours de reiki, un concentré de spiritualité ou l’arnaque n’est jamais bien loin. Cela dit il est possible d’y trouver des ashrams sérieux qui délivrent des certificats d’enseignement de yogas reconnus mondialement moyennant 1000$ et un mois de cours intensif. On y croise d’ailleurs pas mal de groupes de copines occidentales venues  se détendre ici.

La ville est plutot calme, agréable avec ses promenades au bord du Gange, ses restaurants healthy, ses petites criques de sable fin et ses vaches biensur 😉

Rishikesh vache

Elle conserve un caractère assez authentique malgré le flux de touristes, les boutiques de souvenirs et toute la panoplie pour accueillir le petit bohème du marais en quête de spiritualité qui souhaite conserver ses standards sans voir trop de misère…On doit avouer qu’on s’y plonge allègrement mais on se demande malgré tout pourquoi tant d’occidentaux viennent méditer ici pendant plusieurs jours voir semaines quand tu peux le faire tout aussi bien dans la campagne auvergnate ou normande 😉

Rishikesh Gange méditation

On s’est aussi baladé jusqu’à la cascade Neer Gahr, chillé sur une petite crique paisible où des cours de yoga se déroulent au coucher du soleil et surtout on a trempé les pieds dans le Gange dont la couleur verdâtre nous inspirait bien plus qu’à Varanasi 😉

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