Pokhara - Katmandou

Trek du camp de base de l’Annapurna

Les Annapurnas, ce nom mythique de l’Himalaya me faisait déjà rêver à l’époque où je lisais les récits des grandes premières ascensions. Herzog, Bonington y ont écrit l’Histoire dès les années 50 et les montagnes sacrées de l’Himalaya allaient être conquises l’une après l’autre à l’exception d’une seule : Le Machapuchare, le gouvernement Népalais n’autorisant aucune expédition sur ce lieu sacré.

Trek Annapurna Base camp

L’idée avait germé depuis un canapé parisien…Et si on se faisait un trek dans l’Annapurna ? Quelques mois plus tard nous embarquons nos gros sacs sur le dos pour un trek de 8 jours avec comme point d’orgue le fameux camp de base situé à 4130m. 

Depuis le soir où nous avons aperçu notre premier 7000, nous étions excités à l’idée de côtoyer ces sentiers.

Annapurna Base camp trek

Il est assez facile de planifier soit même son itinéraire et l’on trouve pas mal de lodges sur le parcours. Une bonne paire chaussures de trail, 2 litres d’eau, des aquatab (on trouve beaucoup de petits torrents), des vêtements chauds, des médocs, un peu de miel, du pain, des barres amandes et c’est tout bon. En plus, on trouve de quoi se ravitailler sans problème et niveau budget, 15€/jour/personne suffisent.

Une journée sur ce trek ça commence tôt : réveil naturel à 4h30-5h, petit dej à 5h30, le temps de refaire son sac et d’enlever toutes les couches de vêtements de la nuit, le jour s’est déjà levé. A cette époque c’est grand soleil le matin et quel bonheur de le voir chaque jour s’élever au dessus des sommets teintés de jaunes et d’oranges.

Vue sur l'Himalaya

On marche quelques heures en forêts, dans les vallées surplombant des rivières, traversant des ponts suspendus, ça grimpe, ça descend à grand coup de dénivelé, ça décoiffe d’émotions et les sommets approchent chaque instant un peu plus.

En octobre/novembre c’est la haute saison, on y croise du monde de tous les horizons, des solitaires, des couples, des groupes, souvent avec guides et porteurs. On hallucine d’ailleurs que certains jeunes fassent appel à des porteurs clairement surchargés. Ils partent parfois à l’aube, frontale allumée, ravitaillent les villages, écument les sentiers de pierres et de racines de l’Himalaya, dans des conditions rudes, les paniers chargés de dizaines de kilos, en claquettes pour certains et souvent pour un maigre revenu, nous ne pouvons qu’être admiratifs de ces porteurs Népalais sans qui le tourisme du trek ne pourrait exister…

Porteurs sur l'Himalaya

En début/milieu d’après midi, parfois la météo se bouche et on stoppe dans un village. La chambre dans une lodge se négocie entre 200 et 400 roupies (parfois gratuite si on a pas de guide). Globalement on trouve toujours de la place, sauf pour le camp de base où il n’y a que 4 lodges, il est préférable de réserver avant. On a booké la veille avec l’aide du gérant de la lodge.

Les lodges, on aime les retrouver après une bonne journée de marche, souvent très rustiques avec des petites chambres froides et des douches tièdes dans le meilleur des cas. On vous vend la super hot shower, le western toilet, le WIFI, le chargeur, encore 200 roupies , le warm dinning hall, la super vue…le massage et la pipe au miel…au final, vous aurez froid sous trois couettes qui puent la brebis, en entendant les voisins ronfler mais vous serez content 😉

Lodges Annapurna base camp

L’après midi c’est aussi le moment des rencontres, des échanges, c’est génial de partager toutes ces tranches de vie. Des polonais ilards et ivres aux groupes de chinois bruyants dans une dinning room bondée. On a surtout fait la connaissance de deux supers mamies italiennes embarquées dans une asso qui soutient des centres médicaux, d’un parisien avec qui on a partagé la chambre glaciale du base camp et de trois Françiliens avec leur guide. On joue aux cartes en enchaînant les litres de thé bouillant, on bouquine et on chill en admirant les montagnes. Il suffit de lever la tête pour voir se dessiner des courbes saillantes qui percent un ciel bleu. Et lorsque le soleil s’en mêle…quel pied !

16h30-17h, on commande notre dîner et petit déjeuner du lendemain affamés par la journée. Il est 19h00, l’heure de rejoindre la chambre froide. 10 degrés les premiers jours, puis 6 puis…4, puis – quelque chose…on a pas pris de duvets mais les 3 couvertures nous réchauffent bien.

Autre surprise du trek, soit vous êtes vaccinés contre la rage, soit vous savez courir car lors de la montée vers Poon Hill, 3 molosses nous ont coursé en grognant et en montrant les crocs. Autant dire qu’on a pas fait les malins et même après plusieurs tentatives, ils revenaient à la charge, demi tour les copains, circulez y’a rien à voir…on est retourné admirer le lever du jour depuis Ghorepani Haut, l’honneur est sauf 😉

Et enfin, mention spéciale à la journée de trek qui vous amène au camp de base. Un départ à l’aube de Deurali (3200m) où l’on remonte le torrent dans un paysage minéral jusqu’au camp de base du Machapuchare (3700m). Les premiers rayons de soleil pointent leur nez après 2h de rando, ça réchauffe d’autant plus quand on aperçoit enfin le massif des Annapurnas dans toute sa grandeur. On marche encore 2 heures face aux sommets Sud (7219m) et I (8091m), l’oeil hypnotisé par le spectacle, excités et souriant comme des enfants 😉

Annapurna Base camp

Les étapes de notre trek des Annapurnas

01/11 Nayapul – Ulleri 13h-17h30

02/11 Ulleri – Ghorepani 9h-13h

03/11 Ghorepani – Poon Hill – Tadapani 8h30-13h

04/11 Tadapani – Sinuwai (haut) 7h-15h

05/11 Sinuwai – Deurali 6h45-13h

06/11 Deurali – Annapurna Base Camp (4130) 6h30 – 11h

07/11 ABC – Sinuwai (bas) 6h45-15h

08/11 Sinuwai – Matkyu 6h30-12h

Et pour la suite de l’aventure, partons à la découverte de Lumbini, lieu de naissance du Bouddha.

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